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Frondeurs de tout poil, venez nous rejoindre pour quelques jours aux iles des Baléares… Non ce n’est pas pour les vacances, c’est pour rencontrer les rois de la fronde. Et ne chercher ni David, ni Thierry, ici c’est plutôt Jordi ou Joan.

Fronde

Dernière mise à jour : 2010-08-30 18:10:52

La fronde

La fronde est une arme individuelle de jet, qui fut employée jusqu’à la fin du Moyen Âge, qui utilise la force centrifuge. Il ne faut pas la confondre avec le lance-pierre, constitué d’un élastique, au bout d’un manche en forme de Y.
La fronde se compose d’un réceptacle ovale souple parfois ouvert, prolongé à chaque extrémités par une lanière de même longueur et dont l’une est parfois terminées par une boucle. Dans le réceptacle on place le projectile, appelé balle de fronde, constitué d’un matériau dur et dense, généralement un caillou, une balle de terre cuite ou de métal (plomb, par exemple).
les frondes sont fabriquées habituellement en cuir et/ou en corde de fibre végétale, il semble aussi que des boyaux, des nerfs d’animaux ou du crin aient été utilisés.
Les balles en métal, sont coulées au moule, en forme d’olive très allongée. Une fois la balle placée dans la poche, le lanceur tenant les deux sangles dans une main la fait tournoyer, sur le côté ou au-dessus de sa tête, puis lâche une des lanières à un moment précis. Le projectile ainsi libéré, part vers la cible avec une vitesse initiale égale à la vitesse précédemment acquise pendant le mouvement circulaire.
C’est une arme considérée indigne d’être utilisée par la chevalerie. Elle fait partie de ces armes qui permet à un pleutre de tuer à distance (théoriquement sans risque) un preux chevalier. Sur la plupart des iconographies, les frondeurs sont habillés simplement et sans protections, ce sont donc des gens du peuple.

Les projectiles

Balle de fronde en plomb :

Balle de fronde en pierre :

Les maîtres de la fronde

La fronde a eu un rôle très remarquable dans l’histoire des Iles Baléares. Il serait impensable de pénétrer dans la mémoire des Iles Baléares sans faire référence aux foners balears (frondeurs baléares) puisque le mot Baléare signifie littéralement « Maître du lancement ».

Il est plus que probable que les premiers habitants de l’archipel des Baléares connaissaient l’usage de la fronde à leur arrivée sur place. Les plus anciens restes trouvés à Majorque peuvent dater de 4500 ans a.J.C, à l’époque énéolithique, période de transition entre le néolithique et l’age de bronze, époque durant laquelle sont apparus les premiers objets en cuivre. On peut donc situer l’arrivée des premiers habitants à cette époque.

Concernant l’origine du nom des Iles Baléares, certains auteurs disent qu’il viendrait des romains. Mais si nous écoutons Plinius et d’autres auteurs classiques, le mot Baléares comme « île des frondeurs » existait déjà bien avant l’arrivée des romains. Aussi bien Diodore que Servio, comme d’autres anciens historiens, affirmaient que le mot « Balear » venait du verbe grec ballein qui signifie : lancer. Là, l’étymologie semble donc évidente surtout connaissant l’habilité spécifique des habitants de l’archipel. Et, de plus, il est étrange de remarquer que quand les grecs et, plus tard, les romains arrivèrent sur les îles, ses habitants s’appelaient déjà eux-mêmes baléares, c’est-à-dire frondeurs.
Les grecs appelèrent les îles de Majorque et Minorque Gymnesias, l’île d’Ibiza Pitiusa et l’île de Formentera Offusa. Si  les deux dernières signifient respectivement « île des pins » et « île des serpents », Gymnesias veut dire « île des frondeurs » ; en Grèce les Gimnetas étaient les soldats de l’infanterie auxquelles appartenaient les frondeurs. Hesiquios d’Alexandrie (s.VI), dans son dictionnaire, donne cette définition du mot Gimneta : « un gimneta est celui qui ne porte pas d’armes, soit parce qu’il est un frondeur, soit parce qu’il lutte nu.
Mais, suivant les plus récentes études concernant l’origine du mot, on peut conclure que Baléare ne vient pas du grec mais plutôt de l’ancien phénicien. Dans cette ancienne langue le verbe lancer était « yaroh » et le mot « ba’lé » voulait dire « maîtres de », En unissant les deux concepts on obtient le mot  « ba’lé yaroh » qui, au pluriel, signifiait « les maîtres du lancement » et sa prononciation était un phonème très semblable à « baléare ».
La présence phénicienne étant antérieure à la présence grecque on peut comprendre qu’à l’arrivée de ces derniers sur l’archipel, les habitants s’appelaient eux-mêmes baléares. Il parait donc clair que le nom actuel des Iles Baléares veut dire « les îles des maîtres du lancement », c’est-à-dire « les îles des frondeurs ».

Depuis leur plus jeune âge les habitants de l’île étaient initiés au maniement de la fronde pour lequel on les obligeait continuellement à se perfectionner. Comme exemple, on peut souligner le fait que les mères pendaient la nourriture à une branche et les enfants ne pouvaient manger que si ils arrivaient à la faire tomber d’un tir juste.
Ils allaient toujours armés de trois frondes, une petite, autour du cou, qu’ils utilisaient pour des courtes distances, une autre, autour de la taille, pour lancer des projectiles de plus grosse taille ou bien pour des tirs à longue distance et la troisième, celle qui par sa taille était plus maniable, qu’ils tenaient toujours à la main.

La formidable adresse des frondeurs des îles a été largement louée et admirée par de grands historiens aussi bien grecs que romains. Leur grand courage au combat et leur spectaculaire habilité les ont rendu célèbres tout autour de la méditerranée. Ils participèrent à la guerre greco-punique comme mercenaires pour les phéniciens, ayant été décisif leur rôle pendant la guerre de Sicile contre l’empire grec. Une fois fini le litige greco-punique sur le sol sicilien, commença alors la rivalité entre Carthage et Rome. Les relations entre les deux empires furent cordiales jusqu’à ce que Rome devienne une puissance navale et commerciale, étendant son influence au-delà de la péninsule italique. Il ne fallu pas très longtemps pour que Rome pénètre sur les territoires carthaginois de Sicile provoquant ainsi les logiques frictions de caractère économique et politique entre les deux. Ceci aboutit à la première guerre punique dans les eaux de la mer Tyrrhénienne.
Les romains, connaissant le passé guerrier des baléares, ont continué à réclamer leurs services pour leur infanterie légère. On remarquera que Jules César, pendant les guerres de la Gaule, amena, parmi ses troupes, des frondeurs baléares .
Les frondeurs baléares luttèrent comme mercenaires durant les deux premières guerres puniques (mais pas pendant la troisième). Ils le firent au côté d’Hamilcar Barca, sous les ordres de son gendre Hasdrubal mais aussi, plus tard, lors du grand exploit de son fils Hannibal qui, repoussant la grande armée romaine de la péninsule hispanique, a réussi à l’acculer au plus profond de son propre empire.

Le rôle que jouaient les frondeurs sur le champ de bataille consistait à commencer le combat en même temps que les archers. Avec leur terrible coup de corde, ils étaient capables de mettre en pièces les boucliers et les armures, leurs projectiles arrivant plus loin et avec plus de précision que les flèches des archers. Les projectiles utilisés étaient de toutes sortes : depuis des pierres de jusqu’à un demi- kilo (parfois ils en lançaient même deux) jusqu’à des petites balles de métal de forme ovoïde au centre desquelles ils avaient l’habitude de graver des prières. Ces gravures pouvaient être des éloges au général que dirigeait la troupe ou bien elles pouvaient porter des injures contre les ennemis ou encore elles pouvaient faire référence à n’importe lequel des leurs dieux.

Jamais ils n’acceptèrent en contrepartie de l’argent ou des objets de valeur car, sur leur île, ils étaient convaincus que l’argent n’amenait que des complications et des problèmes. Pour leurs services, ils furent toujours payés en natures. Ils échangeaient leur courage et leur habilité pour des marchandises qui manquaient sur l’île et auxquelles ils tenaient beaucoup tel que l’huile, le vin et surtout les femmes pour lesquelles, semble-t-il, ils avaient une véritable dévotion. Les historiens racontent que, quand les pirates prenaient des otages durant leurs incursions, les habitants de l’île acceptaient l’échange de trois hommes pour chaque femme enlevée.

Pendant plus de deux cents ans les Baléares ont contribué aux victoires des carthaginois. La défaite de Zama mit fin au glorieux chapitre de l’épopée des frondeurs baléares. Ils ne participèrent pas pendant la troisième guerre punique (151–146 av.J.C) et ils furent toujours absents de toute campagne de guerre jusqu’à l’arrivée à Majorque du Consul romain Quintus Cecilius Metelus qui fit la conquête des Iles Baléares en 123 av.J.C.
Il semble que les anciens historiens se sont mis d’accord sur la motivation de Rome pour conquérir les Iles : il fallait en finir avec la piraterie de la Méditerranée dont une de ses principales bases se trouvait sur les îles Baléares.
Pour pouvoir pénétrer dans l’île ils durent « inventer » le premier bateau cuirassé de l’histoire en recouvrant de cuir leurs vaisseaux puisque les frondeurs étaient capables de les couler en lançant les pierres à la ligne même de flottation. Deux ans plus tard Cecilius Metelus mit enfin les îles sous sa domination.  A chacune des deux extrémités de l’île de Majorque, il fonda les villes de Palmaria et Pollentia transformant cette dernière, vu qu’elle faisait face à Rome, en capitale. Les baléares de l’époque romaine n’étaient plus les habitants sauvages qui, des siècles avant, habitaient dans des « tas de pierres » (villages talayotiques). Leur intégration fut telle que, selon l’historien Strabon, les îliens inventèrent la toge qui sera destinée à être la tenue de gala des habitants de Rome et le symbole de leur citoyenneté.

Cette guerre fut une des dernières prouesses des frondeurs baléares décrites dans l’histoire. L’épopée des frondeurs baléares, devenus gimnetas, avait été documentée pendant plus de quatre cents ans. Mais, sûrement, elle continua pendant un certain temps. Puis les îles se remplirent d’oliviers et de vignes donnant ainsi naissance au commerce du vin, lequel fut très réputé pour sa bonne qualité, au commerce du blé, de figues sèches, de bétail et surtout au commerce du pourpre (produit extrait du murex, un mollusque abondant dans les îles). Les villes de Pollentia et Palma furent habitées par des citoyens romains de plein droit et leurs administrations furent organisées. Pour la première fois il y eut des écoles. La vie changea et de nouvelles occupations et de nouvelles fonctions attirèrent l’attention des baléares, qui peu à peu laissèrent de côté la fronde qui, transformée en instrument de jeu d’adresse ou de sport ou encore en outil de bergers, est arrivée jusqu’à nos jours grâce à eux.

Source : le livre « ELS FONERS BALEARS » (Les frondeurs baléares),
Auteur : Joan Nadal Cañellas
Traduction: Marie-Claire Castéla

Apprentissage

Avant de voir l’apprentissage, l’un de nos contributeurs, ancien moniteur de tir, vous propose de voir quelques consignes de sécurité.

  • la fronde (ainsi que le fustibale et autre engin de jet) est une arme. Son usage comporte des risques potentiellement mortels. Attention, c’est parfois quant on se croit expérimenté que l’on devient dangereux (pour soi, et pour autrui) ;
  • pour débuter utilisez une balle de caoutchouc ou une balle de tennis ;
  • le port d’un casque est a envisager lors des premiers tir avec des projectiles réels, il vaut mieux avoir l’air c.. que d’être mort ou blessé (en plus, ça dure moins longtemps) ;
  • la zone de pratique doit être dégager sur au moins 200m à la ronde ;
  • les personnes présentes doivent être à l’abri derrière un mur ou un tronc d’arbre ;
  • si un ou des enfants sont présents, un adulte au minimum (suivant le nombre d’enfants) doit les surveiller car il ne sont pas conscient du danger. Si c’est l’adulte qui tire, un autre surveille ;
  • si des enfants doivent tirer, insistez bien sur les règles de sécurités, qu’il faudra leurs expliquez plusieurs fois ;
  • les personnes présentes doivent être en mesure de prodiguer les premiers soins et d’alerter les secours ;
  • n’oubliez pas que votre responsabilité peut être engagé en cas d’accident :
    • pour votre responsabilité civile, contacter votre assurance et vérifiez sur votre contrat que vous êtes couvert pour cette activité ;
    • pour votre responsabilité pénale, vérifier la législation de votre pays (et trouvez un bon avocat) ;
    • quant à votre responsabilité morale, pas de solution, vous serez toujours face à votre conscience, alors agissez au mieux.

1 Prise en main

a) si votre fronde a une petite boucle, passez la autour de l’index de la main droite si vous êtes droitier.
b) si votre fronde a une grande boucle, passez la autour du poignée droit si vous êtes droitier.
Prenez l’autre bout de la fronde entre l’index (où est passé la boucle) et le pouce.
Placez la balle dans le réceptacle, avec la main gauche, et maintenez ainsi la balle jusqu’au début de la rotation de la fronde.

2 Position de tir

Pour les droitiers, avancez le pied gauche en direction de la cible.
Le bras gauche tendu, montez le à hauteur des yeux, en direction de la cible que vous visez.
Pour les gauchers, c’est la position inverse.

3 Mouvement de projection

Avec une légère impulsion, faites tourner la fronde au dessus de la tête ou sur le coté, dans le sens des aiguilles d’une montre. Généralement on fait 3 tours. Le mouvement de rotation doit se faire avec la main et le bras.
Vous pouvez vous aider en visant avec la main devenue vide.
Lâchez la lanière entre le pousse et l’index, afin de libérer la balle de fronde expulsée par la force centrifuge.
Seul l’expérimentation vous permettra de savoir quant lâcher la fronde, ne chercher pas à calculer, c’est votre cerveau qui dictera se déclic par la force d’un l’entrainement assidu.
Dans les premiers temps, visez des cibles très proches, car il est plus important de tirer juste plutôt que tirer loin.

Entrainement

Entrainement au tir à la fronde.

Entrainement au tir à la fronde avec le tir à l’arc.

Utilisation au Moyen Âge

Depuis l’Antiquité jusqu’à la fin du Moyen Âge, il semble que les frondes et fustibales ai été utilisées conjointement avec les arcs. Utilisateurs de même origine ou niveau sociale, portées de tir similaires et dégâts relativement identiques.
Sur le champ de bataille, ils se positionnent souvent derrière les cavaliers et fantassins qu’ils pouvaient couvrir par des tirs paraboliques sur l’ennemi avant la mêlée.
Les frondes et fustibales sont aussi utilisées pour la défense et l’attaque de fortifications.

On retrouve bien sur ces armes sur les navires, où elles sont encore plus efficace si l’on construit une tour pour augmenter la portée de tir.

Il existe un débat quant à l’emploi exact des frondeurs :
-pour une partie des historiens, la fronde servait à faire un tir sur zone, sans viser précisément, son efficacité venant de la concentration du tir de plusieurs frondeurs et de la rapidité du tir (comparé souvent à celui des archers anglais de la guerre de Cent Ans) ;
-pour d’autres historiens, qui ne contestent pas cet usage, la fronde pouvait aussi tirer avec une précision suffisante, à la guerre comme à la chasse.

Bien entendu, la fronde est aussi utilisée pour la chasse comme on le voit sur cette partie de la tapisserie de Bayeux ci-dessous (excusez moi, l’image est flou, promis j’en met une de meilleur dès que je peux).

Utilisation moderne

La fronde est encore utilisée, par certains bergers du pourtour méditerranéen (comme au Maroc, ou en Andalousie), pour diriger leurs troupeaux.
Pendant l’Intifada (la guerre des pierres qui désigne couramment les récentes campagnes palestiniennes dirigées contre l’occupation militaire israélienne), la fronde a été utilisé, certes moins souvent que le lance-pierre ou le lancement à la main, mais on peut en voir quelques photos.

On trouve aussi un usage plus ludique sur les Iles Baléares, où la Fédération Baléare de tir à la fronde a remis son usage au goût du jour par l’intermédiaire d’activité sportive.

Héraldique

O.G.M. (Outil de Guerre Modifié)

Présentation d’arme et de machine de guerre qui descende (génétiquement) de la fronde par l’usage de la force centrifuge.

Fustibale : le fustibale (fustibalus en latin, fustis signifiant bâton) est une arme de jet individuelle, directement inspiré de la fronde. Constituée d’une fronde fixée à un manche en bois de 1,20 m environ qui en augmente la puissance par effet de levier. Sur les différentes représentations on trouve des lanières de divers longueurs.

Pierrière : la pierrière est une machine de guerre collective. Constituée d’un levier au bout duquel est fixée une fronde contenant le projectile, elle utilise le même principe de fonctionnement que la fustibale . Elle est mise en œuvre en tirant sur l’autre extrémité du levier. Utilisée principalement pour la défense, elle était aussi appelée l’arme des femmes puisque les femmes et les enfants en étaient souvent les servants.

Bricole : la bricole est une machine de guerre collective. Quasiment la même constitution que la pierrière, mais la traction en est facilité par l’ajout d’un contre-poids. C’est cet engin qui est à l’origine de l’expression s’attirer des bricoles.
Son apparition date du XIIe siècle. Cet engin de défense sera utilisé jusqu’au XVe siècle.
C’est d’ailleurs une pierre lancée par une bricole qui a atteint et tué Simon de Montfort au siège de Toulouse.

Trébuchet : le trébuchet fait partie des machines de guerre dites à contrepoids. Il s’agit d’un engin de siège qui a été utilisé au Moyen Âge, pour détruire les fortifications. Il est appelé trébuchet à contrepoids afin de le différencier d’une arme à traction, une version primitive de l’engin où la force de propulsion était fournie par des hommes et non par un contrepoids.

Le trébuchet à contrepoids est apparu dans la première partie du XIIe siècle dans les pays du pourtour méditerranéen à la fois dans les terres chrétiennes et musulmanes. Il pouvait lancer des projectiles de 140 kg. Dans certaines circonstances, des cadavres infectés par différentes maladies ont été catapultés dans les villes dans le but de propager des épidémies parmi les assiégés, il s’agit d’une variante médiévale de la guerre biologique. Il ne deviendra obsolète qu’au XVIe siècle, bien après l’introduction de la poudre à canon. Le trébuchet est beaucoup plus précis que les autres catapultes du Moyen Âge.

Mangonneau : le terme mangonneau désigne une machine de guerre offensif médiévale, un engin de siège utilisé pour lancer des projectiles contre les murs des fortifications,très proche du trébuchet.
Le trébuchet, par son mouvement brusque, saccadé, était efficace pour lancer les projectiles par-dessus de hautes murailles, avec une grande précision sur des combles, mais il ne pouvait faire décrire au projectile une parabole très allongée se rapprochant de la ligne horizontale. Le tir du mangonneau pouvait se régler beaucoup mieux en hauteur et en distance que celui du trébuchet, parce qu’il décrivait un plus grand arc de cercle, et qu’il était possible d’accélérer son mouvement.

Couillard : le couillard est une machine de guerre offensif, utilisé au Moyen Âge pour détruire les fortifications. C’est une variante du trébuchet, plus léger et plus mobile qui portait également le nom de biffa.
Cet engin est composé d’une longue perche placée sur un axe. A l’une de ses extrémités, on trouve deux huches ou bourses (d’où son nom) servant de contre-poids. Les projectiles sont placés à l’autre extrémité de la perche, dans un réceptacle rappelant une fronde.
On abaisse l’extrémité où se trouve le réceptacle au moyen de cordes, puis on place le projectile dans la fronde et on relâche le tout. La portée d’un tel engin dépassait la centaine de mètres.
Entre 8 et 16 personnes étaient nécessaires pour assurer le bon fonctionnement de cette arme de siège, avec une cadence de tirs pouvant atteindre les 10 coups/heure.
De nos jours, quelques couillards ont été reconstruits pour des reconstitutions, en France, à Larressingle dans le Gers ou au Château de Calmont d’Olt dans l’Aveyron, à Provins en Seine-et-Marne, et aux châteaux des Baux-de-Provence et de Tiffauges où le couillard effectue quotidiennement de véritables tirs de démonstration.

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Les historiettes d’Etienne…

Nos grosses têtes ne résoudrons pas mieux ce problème….

Extrait d’une conversation entre Colbert et Mazarin sous LOUIS XIV :

Colbert: Pour trouver de l’argent, il arrive un moment où tripoter ne suffit plus.

J’aimerais que Monsieur le Surintendant m’explique comment on s’y prend pour dépenser encore quand on est déjà endetté jusqu’au cou…

Mazarin : Quand on est un simple mortel, bien sûr, et qu’on est couvert de dettes, on va en prison. Mais l’Etat… L’Etat, lui, c’est différent. On ne peut pas jeter l’Etat en prison. Alors, il continue, il creuse la dette ! Tous les Etats font ça.

Colbert : Ah oui ? Vous croyez ? Cependant, il nous faut de l’argent. Et comment en trouver quand on a déjà créé tous les impôts imaginables ?

Mazarin : On en crée d’autres.
Colbert : Nous ne pouvons pas taxer les pauvres plus qu’ils ne le sont déjà.

Mazarin : Oui, c’est impossible.

Colbert : Alors, les riches ?

Mazarin : Les riches, non plus. Ils ne dépenseraient plus.

Un riche qui dépense fait vivre des centaines de pauvres.

Colbert : Alors, comment fait-on ?

Mazarin : Colbert,tu raisonnes comme un fromage (comme un pot de chambre sous le derrière d’un malade) ! Il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres, ni riches….

Des Français qui travaillent, rêvant d’être riches et redoutant d’être pauvres ! C’est ceux-là que nous devons taxer, encore plus, toujours plus ! Ceux là ! Plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser…

C’est un réservoir inépuisable.

Extrait du “Diable Rouge” d’Antoine Rault.

Le Saviez-vous…

Le mot “hérésie” provient du grec αἵρεσις / haíresis, qui veut dire choix.

L’hérésie est donc le choix philosophique, dogmatique ou gnostique dans une même religion. La traduction latine en est secta, secte. L’Antiquité n’attache pas de valeur péjorative à ces termes.
Dans le contexte antique, la religion étant plus rituelle que dogmatique, l’haíresis n’a pas l’aspect dramatique que revêtira l’hérésie chrétienne.

Toutefois, ces dogmes ne revêtent pas la même importance dans toutes les religions, ce qui explique différentes attitudes par rapport à l’hérésie.
La valeur péjorative est née en milieu chrétien avec les premières controverses théologiques dont témoignent Justin de Naplouse et Irénée de Lyon qui ont écrit “contre les hérésies” au IIe siècle.

Sources Wikipédia.

“A Brûle pourpoint”

Cette expression a une origine militaire.
Lorsqu’on tirait un coup de feu sur quelqu’un de très près, à bout portant, on lui brûlait le pourpoint (vêtement masculin qui couvrait le torse, utilisé entre le XIIIe et le XVIIe siècle).

Cette métaphore utilise d’abord l’idée d’efficacité (pour tuer quelqu’un , plus on est près, plus on a de chances de réussir) puis de soudaineté, de surprise (pour pouvoir tirer à brûle-pourpoint sur quelqu’un, il faut le surprendre)

“Fier comme Artaban”

Cette expression est d’origine littéraire.
Artaban est ici un personnage important d’un énorme roman, une épopée historique (12 volumes, 4153 pages), intitulé Cléopâtre et écrit par Gautier de la Calprenède (Lien externe) au milieu du XVIIe siècle.
Du succès de ce roman à l’époque n’est resté que la fierté et l’arrogance de son personnage, la sonorité de son nom ayant probablement aidé à la conservation de l’expression.

“Fier comme un pou”

Un pou est-il orgueilleux ? Personne n’a dû chercher à le savoir ou à lui poser la question avant de tenter de s’en débarasser.
Par contre, on sait que le coq a une posture fière.
Or pou est une forme dialectale de l’ancien français pouil, poul, venu du latin pullus qui voulait dire coq ou poulet.

“L’habit ne fait pas le moine”

Proverbe dont on trouve les premières traces au XIIIe siècle et qui serait tiré du latin médiéval.

Selon certains, ce proverbe viendrait d’une déformation progressive de la traduction de l’expression latine de Plutarque ‘barba non facit philosophum’ qui signifiait ‘la barbe ne fait pas le philosophe’.

D’autres disent qu’il aurait pour origine un fait historique : en 1297, pour réussir à s’emparer par la ruse de la forteresse bâtie sur le rocher monégasque, François Grimaldi et ses compagnons d’armes se sont déguisés en moines franciscains, fait rappelé sur les armoiries de Monaco (Lien externe).

Enfin, peut-être faut-il simplement voir une certaine ironie dans cette expression.
En effet, lorsqu’elle est apparue, les moines de l’époque étaient bien loin de suivre leurs préceptes. N’hésitant pas à accumuler des biens, à ripailler, à courir la gueuse ou à trucider à tout-va dans les batailles, ils avaient un comportement très éloigné de celui que leur tenue aurait pu laisser supposer.
Ainsi, un brigand désireux de détrousser un moine en le supposant faible, pouvait tomber sur bien plus fort et rusé que lui.

“Mettre sur la sellette”

Avant la Révolution, on faisait s’asseoir le présumé coupable sur un petit tabouret très bas, ‘la sellette’.
Celle-ci pouvait être recouverte d’un tapis quand l’accusé était une personne de haut rang.
La petite taille du banc obligeait à une posture jugée d’autant plus humiliante qu’on y paraissait les fers aux pieds.

“Faux-jeton”

Aujourd’hui, pour faire des calculs, les opérations posées sur une feuille de papier nous semblent d’une totale évidence.
Mais avant que les chiffres arabes et le système décimal ne deviennent d’usage courant, les montants monétaires étaient calculés selon la méthode du “jet”, sur des planchettes où étaient tracées des colonnes (correspondantes aux deniers, sols, livres…) dans lesquelles on posait et accumulait des jetons pour faire des totaux.
Ces jetons ayant parfois l’apparence de vraies pièces, certains tentaient de s’en servir comme telles auprès des personnes simples, d’où l’expression “faux comme un jeton”.

Un Coffret Audio à offrir…

Une merveille, un trésor, une perle rare, le ”Royaume oublié” est un coffret audio contenant trois cd et un livret traduit en six langues. Une oeuvre rare produit de la collaboration de Jordi Savall, de Montserrat Figueras, d’Anne Brenon, de la Capella Reial de Catalunya, d’Hesperion XXI, de Pascal Bertin, Marc Mauillon, Lluis Vilamajo, Furio Zanasi.
Cette évocation sans équivalent de la tragédie cathare occitane, toute en finesse, mêle le propos des troubadours du temps, les chants d’Hildegarde de Bingen, chants spirituels et danses arabo-andalouses.
Date et lieu d’enregistrement : avril, juin, juillet et août 2009 à la Collégiale de Cardona (Catalogne), à la Chapelle Nôtre Dame de Bon.
Il faut écouter et lire cette oeuvre majestueuse, à tout prix !

prix fnac 42 euros, 35 euros sur le site www.alia-vox.com.

Nous aimons…

Alia Box. Musiques éternelles et sublimes…

Revue de vulgarisation scientifique, obligatoire dans toutes les bonnes maternelles et université !

Des gants de grande tenue…qualité et fiabilité !