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Ils sont à l’origine de l’unité de la France, peu connus, dénigrés,... qui sont les Mérovingiens ?

Les Mérovingiens

Dernière mise à jour : 2012-05-17 17:34:20

La dynastie mérovingienne. Les rois mal aimés

L’époque mérovingienne est bornée de deux dates évènementielles : 481 avènement de Clovis, 751 couronnement de Pépin le Bref.

Clovis à gauche et Pépin le Bref à droite

Nous sommes en plein Haut Moyen Âge, période transitionnelle par excellence, ce temps préparatoire du Moyen Âge Occidental.
Depuis les différentes migrations barbares et l’effondrement de l’Empire romain, le monde européen a fortement changé. La fusion des peuples germaniques, romains et celtes a enrichit la civilisation médiévale, lui donnant en héritage une forte autonomie morale des peuples et une administration permettant le développement logistique et technique.
La Gaule se centralise, concentre son pouvoir dans le nord du pays.
Le Regnum Francorum allait instaurer, au cœur du Haut Moyen Âge, les embryons du monde féodal.

Cependant, la France barbare de la Gaule mérovingienne va peu à peu s’appesantir dans l’impuissance de ses gouvernants successifs, l’aristocratie naissante accéléra leur chute.
Les épidémies successives de peste vont accentuer le déclin démographique et la désorganisation économique et sociale.
Ainsi, les Mérovingiens acteurs de l’expansion du christianisme, devinrent les spectateurs de la régression économique et sociale de l’Europe occidentale.

Les Mérovingiens par Evariste-Vital Luminais. Galerie d’art de la Nouvelle-Galles du Sud.

Mérovée

Né vers 412, mort en juillet 457, considéré comme le second roi des Francs saliens, est un roi dont l’existence est entourée de tant d’obscurité que beaucoup d’historiens n’ont pas hésité à la remettre en cause et à en faire un roi légendaire. Il aurait régné de 448 à 457 comme le second roi des Francs saliens. Il est l’éponyme de la dynastie dite des Mérovingiens. D’après Grégoire de Tours, il serait un parent de Clodion le Chevelu.

Selon une légende, relatée à une époque probablement beaucoup plus tardive — la chronique de Frédégaire (III, 9) en parle au VIIe siècle — sa mère, l’épouse du roi Clodion, déjà enceinte, fut séduite par une “bête de Neptune semblable au Quinotaure” alors qu’elle se baignait dans l’océan.
Enceinte une deuxième fois, les deux sangs se mélangèrent pour donner naissance à une nouvelle dynastie dont les membres étaient investis de grands pouvoirs et d’une aura de magie et de surnaturel, caractéristique des Mérovingiens.

Mais pour la plupart des historiens, Mérovée aurait commandé les Francs, alliés aux Gallo-Romains et autres Germains, à la sanglante bataille que le général Aétius gagna sur Attila en 451, aux champs Catalauniques, une plaine près de Châlons-en-Champagne et de Troyes.
Grâce à cette union guerrière entre envahis et anciens envahisseurs, le roi de l’Empire hunnique fut défait et se replia définitivement vers l’est de l’Europe, le terrible fléau était vaincu.

Cette victoire scelle définitivement l’implantation de ces Germains francs, désormais solidement installés dans la Gaule du nord que l’Empire romain en pleine décadence leur abandonne. Il n’en reste alors que le royaume de Syagrius.

Les rois de la première dynastie franque sont appelés Mérovingiens, en l’honneur de ce roi, qui donne un territoire à son peuple et le fait entrer par la grande porte dans l’Empire romain.

Son fils Childéric Ier lui succède.

Clovis, le fondateur. Un roi pour l’unité

Nous connaissons le règne de Clovis à travers la description qu’en fit à la fin du VIe siècle l’évêque gallo-romain Grégoire de tours, né près de trente ans après la mort de Clovis, et dont l’histoire est riche d’enseignements, bien que ce texte semble essentiellement à visée édifiante.

Clovis, en allemand Chlodwig ou Chlodowech, en latin Chlodovechus, ce nom vient du francique Hlodowig, composé des racines hlod (renommée , illustre) et wig (combat), c’est-à-dire “illustre dans la bataille”, “illustre au combat”, dont est né en français moderne le prénom Louis, porté par dix-sept rois de France. Il donnera aussi en allemand Ludwig.

Comme tous les Francs du début de l’ère chrétienne, Clovis parlait une ou des langue(s) germanique(s) du sous-groupe linguistique dit bas francique.

Le titre de roi (en latin rex) n’est pas nouveau, il est notamment dévolu aux chefs de guerre des Nations barbares au service de Rome. Ainsi, les Francs, anciens fidèles serviteurs de Rome, n’en demeurent pas moins des Germains, “des barbares païens”, bien éloignés par leur mode de vie des Gaulois romanisés par près de cinq siècles d’influence romaine.

Clovis hérite d’un royaume qui correspond à la Belgique Seconde (à peu près la région de Tournai en Belgique actuelle), petite province située entre la mer du Nord, l’Escaut et le Cambrésis, soit un territoire allant de Reims jusqu’à Amiens et Boulogne, à l’exception de la région de Soissons, qui était contrôlée par le général Syagrius, qualifié de Romain par les sources, mais qui porte un nom barbare, et ne bénéficie visiblement pas de l’appui de son peuple.

À la fin du Ve siècle, la Gaule est morcelée en plusieurs royaumes barbares, constamment en guerre les uns contre les autres, cherchant à étendre leurs influences et leurs possessions. Trois ensembles principaux se détachent :
-les Francs, établis au Nord-Est, ayant longtemps servi l’Empire romain comme troupes auxiliaires sur la frontière rhénane, encore païens à l’avènement de Clovis, eux-mêmes dispersés dans de nombreux royaumes différents.
-les Burgondes, établis par Rome en Savoie (en Sapaudie) et dans le Lyonnais, chrétiens ariens et relativement tolérants.
-les Wisigoths, peuple puissant établi au sud de la Loire, en Languedoc, surtout dans la vallée de la Garonne, et en Espagne, également ariens, bien moins tolérants envers les catholiques gallo-romains qu’ils dominent.

Enfin, une multitude de pouvoirs locaux ou régionaux d’origine militaire (des “royaumes” ou régna) occupent ainsi le vide laissé par la déposition du dernier empereur romain d’Occident en 476. Le pouvoir dont il est question n’a rien à voir avec les notions modernes de pouvoir législatif, exécutif ou judiciaire, mais couvre une relation dominant-dominé plus proche de celle d’un chef de tribu.

Les Ostrogoths ne sont pas présents en Gaule, mais leur roi Théodoric le Grand, depuis l’Italie, cherche à maintenir l’équilibre entre les différents royaumes. Enfin, au loin, l’Empire romain d’Orient exerce une autorité largement théorique, mais qui s’efforce de contenir les Ostrogoths.

Clovis n’est alors âgé que de quinze ans et rien ne prédispose ce petit chef barbare parmi tant d’autres à supplanter ses rivaux, plus puissants. Les historiens se sont longtemps disputé sur la nature de la prise du pouvoir par Clovis. Au XVIIIe siècle, ils s’affrontent sur l’interprétation d’une lettre de Rémi de Reims. Montesquieu dans l’Esprit des lois penche pour une conquête du Royaume par les armes, alors que l’abbé Dubos prône la dévolution par l’Empire romain finissant de la Belgique seconde, à la famille mérovingienne. Aujourd’hui cette dernière thèse l’emporte.
À la lumière des événements postérieurs, sa réussite incontestable sur le plan militaire doit au moins autant à l’expérience romaine de la guerre que les siens ont depuis longtemps acquise – la discipline exigée de ses soldats lors de l’épisode du vase de Soissons en témoigne, tout comme la tombe de son père, Childéric – qu’à sa conversion au catholicisme, et à travers celle-ci, son alliance avec les élites gallo-romaines.

Aussi, le règne de Clovis s’inscrit plutôt dans la continuité de l’Antiquité Tardive que dans le Haut Moyen Âge pour de nombreux historiens. Il contribue cependant à forger le caractère original de cette dernière période en donnant naissance à une première dynastie de rois chrétiens et, en raison de son acceptation par les élites gallo-romaines, en créant un pouvoir original en Gaule.

Peu à peu, Clovis conquiert la moitié nord de la France actuelle. En 484, il s’allie d’abord aux Francs rhénans et avec les Francs de Cambrai (Ragnacaire, roi des Francs de Cambrai, était probablement un des parents de Clovis).

Vers 485, il se marie avec une princesse rhénane, avec laquelle il a un fils, Thierry. Cette union a souvent été interprétée comme l’épisode d’une alliance tactique avec ses voisins orientaux, lui permettant de tourner ses ambitions vers le sud. Cette union avec une épouse dite de second rang, vue comme étant « gages de paix » (friedelehen), assurait la paix entre Francs rhénans et saliens. Elle a souvent été interprétée à tort comme un concubinage par les historiens romains chrétiens qui ne connaissaient pas les mœurs des structures familiales polygames germaniques, sans mariage public. Les mariages officiels (de premier rang) permettaient à l’épouse de jouir du « don du matin » (la morgengabe) qui était constitué de biens mobiliers donnés par le mari, ainsi que de commander à ses descendants légitimes.

Toute sa vie, Clovis s’efforce d’agrandir son royaume, avant, selon la tradition germanique, que ses enfants se le partagent. Pour cela, il n’hésite pas à éliminer tous les obstacles. Il fait assassiner tous les chefs saliens et rhénans voisins, certains de ses anciens compagnons, et même certains membres de sa famille, même éloignés, afin de s’assurer que seuls ses fils vont hériter de son royaume. En 490, il entame des offensives contre la Germanie rhénane et transrhénane. En 491, Clovis exécute ses cousins les rois Ragnacaire et Cararic et s’empare de leurs royaumes.

Il se lance d’autre part dans une grande série d’alliances et de conquêtes militaires, au début à la tête de seulement quelques milliers d’hommes. Plus que les armes, certes efficaces, des Francs, c’est semble-t-il le savoir-faire au combat acquis au service de l’Empire et contre les autres barbares qui rend possibles les succès militaires des guerriers de Clovis.

Le roi ostrogoth Théodoric le Grand, dans sa prestigieuse cour de Ravenne, perpétue tous les caractères de la civilisation romaine tardive, tout en restant un Ostrogoth arien, un barbare hérétique aux yeux de l’Église.

Clovis sait s’imposer assez rapidement, malgré de durs combats, parce qu’en définitive il paraît un moins mauvais maître que la plupart des prétendants. Au moins, auraient dit les Gallo-Romains, est-il catholique, et déjà passablement romanisé. À l’inverse, les Wisigoths chrétiens mais ariens, tiennent l’Aquitaine d’une main de fer, et ne font aucun effort pour tenter un rapprochement avec les Gallo-Romains catholiques qu’ils dominent.

Clovis et le vase de Soissons licence GFDL

A partir de 486, Clovis mène l’offensive vers le sud. En 486, il emporte les villes de Senlis, Beauvais, Soissons et Paris dont il pille les alentours. Il livre la bataille de Soissons contre Syagrius, c’est à l’issue de celle-ci, qu’eut lieu (selon Grégoire de Tours) l’épisode du vase de Soissons. La victoire de Soissons permet à Clovis de contrôler tout le Nord de la Gaule. Syagrius se réfugie chez les Wisigoths qui le livrent à Clovis l’année suivante. Il sera discrètement égorgé ensuite.

Rémi évêque de Reims, cherche alors probablement la protection d’une autorité forte pour son peuple, et écrit à Clovis dès son avènement. Les contacts sont nombreux entre le Roi et l’Évêque, ce dernier incitant d’abord Clovis à protéger les chrétiens présents sur son territoire. Grâce à son charisme et peut-être en raison de l’autorité dont lui-même jouit, Remi sait se faire respecter de Clovis et lui sert même de conseiller.

Il l’incite notamment à demander en mariage Clotilde, une princesse catholique de haut lignage, fille du roi des Burgondes Chilpéric II.
Le mariage qui a lieu en 493 à Soissons concrétise le pacte de non-agression avec les rois burgondes.
Dès lors, selon Grégoire de Tours, Clotilde fait tout pour convaincre son époux de se convertir au catholicisme. Mais Clovis est réticent. Il doute de l’existence d’un dieu unique. La mort en bas âge de son premier fils baptisé, Ingomer, ne fait d’ailleurs qu’accentuer cette méfiance. D’autre part, en acceptant de se convertir, il craint de perdre le soutien de son peuple, encore païen. Comme la plupart des Germains, ceux-ci considèrent que le roi, chef de guerre, ne vaut que par la faveur que les dieux lui accordent au combat. S’ils se convertissent, les Germains deviennent plutôt ariens, le rejet du dogme de la Trinité favorisant en quelque sorte le maintien du roi élu de Dieu et chef de l’Église.

Néanmoins, Clovis a plus que tout besoin du soutien du clergé gallo-romain, car ce dernier représente la population gauloise. Les évêques, à qui échoit le premier rôle dans les cités depuis que se sont effacées les autorités civiles, demeurent les réels maîtres des cadres du pouvoir antique en Gaule. C’est-à-dire également des zones où se concentrait encore la richesse. Cependant, même l’Église a du mal à maintenir sa cohérence, évêques exilés ou non remplacés en territoires wisigoths, successions papales difficiles à Rome, mésententes entre catholiques prowisigoths (par réalisme) et profrancs (Rémi de Reims, Geneviève de Paris…), etc.

C’est finalement vers 496, après la victoire de la bataille de Tolbiac que Clovis se serait décidé. Selon d’autres sources, Tolbiac n’aurait été qu’une étape et l’illumination finale de Clovis aurait en fait eu lieu lors de la visite au tombeau de saint Martin de Tours de tours. Une légende affirme que lors de la bataille, un songe lui aurait fait voir une croix tandis qu’une voix lui disait : « In hoc signo vinces (Sous ce signe, tu vaincras) ».

Toujours est-il que cette victoire permet au royaume de Clovis de s’étendre jusqu’à la Haute-Rhénanie.

Le jour de Noël, d’une année comprise entre 496 et 499, Clovis reçoit alors le baptême avec 3 000 guerriers (les baptêmes collectifs étant alors une pratique courante) des mains de l’évêque de Reims. Le Saint-Esprit, sous forme d’une colombe, apporte la sainte Ampoule contenant le Saint Chrême qui servira par la suite à l’onction des rois de France.
Ce baptême est demeuré un évènement significatif dans l’histoire de France. A partir d’Henri Ier tous les rois de France, sauf Louis VI et Henri IV, furent par la suite, sacrés dans la cathédrale de Reims jusqu’au roi Charles X, en 1825.

Le baptême de Clovis accroît sans doute sa légitimité au sein de la population gallo-romaine, mais représente un pari dangereux. Les Francs, comme les Germains, considèrent qu’un chef vaut par la protection que lui inspirent les dieux. La conversion va à l’encontre de cela. Les Germains christianisés (Goths…) sont souvent ariens, car le roi y reste chef de l’Église.
Ainsi, le baptême de Clovis marque le début du lien entre le clergé et la monarchie franque puis française, lien qui va durer jusqu’au début du XIXe siècle. Dorénavant, le souverain doit régner au nom de Dieu. Ce baptême permet également à Clovis d’asseoir durablement son autorité sur les populations, essentiellement gallo-romaines et catholiques, qu’il domine, avec ce baptême, il pouvait compter sur l’appui du clergé, et vice-versa.

Clovis va dans une politique rusée nouer des alliances successives pour continuer l’expansion de son Royaume sans avoir à affronter une coalition hostile face à lui.

En 495, Théodoric, roi d’Italie, épouse Audofleda, sœur de Clovis. L’année suivante, il s’accorde avec Clovis pour que celui-ci ne poursuive pas au delà du Danube les Alamans. Théodoric va d’ailleurs protéger les rescapés en les installant dans la Première Rhétie. Il a ainsi l’avantage de repeupler une contrée et d’acquérir de braves et fidèles vassaux.

En 499, Clovis s’allie au Roi Burgonde de Genève Godégisile, qui veut s’emparer des territoires de son frère Gondebaud. Afin de sécuriser ses territoires à l’ouest, en 500, Clovis signe un pacte d’alliance avec les Armoricains (peuplades gauloises de la péninsule bretonne et du rivage de la Manche).

Après la bataille de Dijon et sa victoire contre les Burgondes de Gondebaud, Clovis contraint ce dernier à abandonner son royaume et à se réfugier à Avignon. Cependant, le roi wisigoth Alaric II se porte au secours de Gondebaud et persuade ainsi Clovis d’abandonner Godégisèle. Clovis et Gondebaud se réconcilient et signent un pacte d’alliance pour lutter contre les Wisigoths.
Pour manifester l’équilibre de ses alliances, en 502, son fils Thierry épouse en premières noces une princesse rhénane, dont il a un fils Théodebert Ier (ou Thibert Ier) (vers 504, †548). Puis en secondes noces Suavegothe, fille de Sigismond roi des Burgondes dont il a une fille Theodechilde.

Avec l’appui de l’empereur romain d’Orient Anastase, très inquiet des visées expansionnistes des Goths, Clovis s’attaque ensuite aux Wisigoths qui dominent alors la majeure partie de la péninsule Ibérique et le sud-ouest de la Gaule (la Septimanie ou Marquisat de Gothie), jusqu’à la Loire au nord et jusqu’aux Cévennes à l’est.
Au printemps 507, les Francs lancent leur offensive vers le sud, franchissant la Loire vers Tours, pendant que les alliés burgondes attaquent à l’est. Les Francs affrontent l’armée du roi Alaric II dans une plaine proche de Poitiers. La bataille dite, de Vouillé (près de Poitiers), est terrible selon l’historiographie, et les Wisigoths se replient après la mort de leur roi, Alaric II, tué par Clovis lui-même en combat singulier.

Cette victoire permet au royaume de Clovis de s’étendre en Aquitaine et d’annexer tous les territoires auparavant wisigoths entre Loire, océan et Pyrénées. Les Wisigoths n’ont d’autre alternative que de se replier en Hispanie. Les Ostrogoths de Théodoric tentent d’intervenir en faveur des Wisigoths, reprennent bien la Provence et quelques parties aux Burgondes, mais l’empire d’Orient menace leurs côtes, et Clovis garde l’essentiel des anciens territoires wisigoths. Les Wisigoths ne conservent plus qu’une partie de la Septimanie (le Languedoc) et de la Provence.

En 508, Clovis reçoit de l’empereur d’Orient Anastase Ier le titre de consul et est salué comme auguste au cours d’une cérémonie à Tours. Il décide alors de faire de Paris, la ville de sainte Geneviève, sa résidence principale, après Tournai et Soissons.

Il est notable que le pacte de la loi salique est lui aussi daté d’après 507. Peut-être sa promulgation coïncide-t-elle avec l’installation du roi à Paris.

C’est la première accession au statut de capitale de l’ancienne Lutèce, qui porte désormais le nom de l’ancien peuple gaulois des Parisii.

Ses raisons sont sans doute principalement stratégiques, la cité ayant été une ville de garnison et une résidence impériale vers la fin de l’Empire. En outre, un vaste et riche Fisc l’entoure. Elle n’a qu’une importance symbolique. Le Royaume franc n’avait pas d’administration (ni d’ailleurs aucun des caractères qui fondent un état moderne), et les rois francs qui succèdent à Clovis n’attachent pas d’importance à la possession de la ville. Cependant, la ville de Lyon, ancienne capitale des Gaules, perd définitivement sa suprématie politique dans l’isthme Ouest-Européen.

Sous le règne de Clovis en tous cas, et même durant l’ensemble de la période mérovingienne, la ville ne connaît pas de changements majeurs car son développement sera d’abord freiné par la multiplication des capitales issues des partages successifs du territoire de la Gaule. Le patrimoine immobilier antique est conservé, parfois réaffecté. Seuls de nouveaux édifices religieux donnés par la famille royale et par l’aristocratie transforment quelque peu le paysage urbain. Mais c’est surtout après la mort de Clovis que les premiers de ces édifices virent le jour.
En 510, Clovis s’empare du Royaume franc de Sigebert le Boiteux après l’avoir fait assassiner et étend ainsi son autorité au-delà du Rhin.

Clovis est désormais le maître d’un unique royaume, correspondant à une portion occidentale de l’ancien Empire romain, allant de la moyenne vallée du Rhin, (l’embouchure du Rhin est toujours aux mains des tribus frisonnes) jusqu’aux Pyrénées, tenues par les terribles Basques. Le royaume de Clovis ne comprend toutefois pas l’île de Bretagne (actuelle Grande-Bretagne), ni les régions méditerranéennes, ni les vallées du Rhône et de la Saône.

Clovis meurt à Paris le 27 novembre 511, âgé de 45 ans.

Selon la tradition, il aurait été inhumé dans la basilique des Saints-Apôtres (saint Pierre et saint Paul), future église Sainte-Geneviève, qu’il avait fait construire sur le tombeau même de la Sainte tutélaire de la cité, à l’emplacement de l’actuelle rue Clovis (rue qui sépare l’église Saint-Étienne-du-Mont, du lycée Henri IV).

En réalité, le monument qui devait accueillir les reliques de la Sainte n’était pas achevé. Clovis fut plutôt inhumé, comme l’écrit Grégoire de Tours, dans le sacrarium de la basilique des Saints-Apôtres, c’est-à-dire dans un mausolée construit exprès à la manière de la sépulture qui avait accueilli l’empereur romain chrétien Constantin le Grand aux Saints-Apôtres à Constantinople.


Les “domaines francs” de 511 à 561 (après Clovis).

Liste des Souverains mérovingiens

La plupart des Mérovingiens ne régnèrent que sur une partie du royaume des Francs, avec un ou plusieurs monarques concurrents.

  • Clodion le Chevelu (v. 395 – 448) de 428 à 448, Roi des Francs saliens. Premier roi des Francs saliens connu.
  • Mérovée (v. 412 – 457) de 448 à 457, Roi des Francs saliens. Fondateur de la lignée des Mérovingiens. Son authenticité est parfois remise en cause.
  • Childéric Ier (436 – 26 décembre 481[réf. nécessaire]) de 457 à 481, Roi des Francs saliens. Père de Clovis.
  • Clovis Ier (466 – 27 novembre 511) de 481 à 511, Roi des Francs saliens puis
    Roi des Francs. Premier roi chrétien des Francs, à sa mort, son royaume est partagé entre ses quatre fils Clodomir, Thierry, Childebert et Clotaire.
  • Clodomir (v. 495 – 25 juin 524) de 511 à 524, Roi des Francs (Roi d’Orléans). Tué à la bataille de Vézeronce. Ses fils Thibault et Gonthaire sont assassinés à l’instigation de Childebert et Clotaire, et ne survit que Clodoald, futur saint Cloud.
  • Thierry Ier (v. 485/90 – 534) de 511 à 534, Roi des Francs (Roi de Reims)
  • Théodebert Ier (v. 504 – 548) de 534 à 548, Roi des Francs (Roi de Reims). Fils de Thierry Ier.
  • Théodebald (v. 535 – 555) de 548 à 555, Roi des Francs (Roi de Reims). Fils de Théodebert Ier. Meurt sans descendance. Clotaire Ier hérite de ses États.
  • Childebert Ier (v. 497 – 23 décembre 558) de 511 à 558. Roi des Francs (Roi de Paris)
  • Clotaire Ier (v. 497 – 29 novembre 561) de 511 à 561, Roi de Soissons, de 558 – 561,Roi de Reims
    , puis Roi des Francs. Dernier survivant des fils de Clovis, réunifie le royaume. À sa mort, ses quatre fils Caribert, Sigebert, Chilpéric et Gontran se partagent le royaume.
  • Caribert Ier (v. 521 – 567) de 561 à 567, Roi des Francs (Roi de Paris)
  • Sigebert Ier (535 – 575) de 561 à 575, Roi des Francs (Roi de Reims)
  • Chilpéric Ier (539 – 584) de 561 à 584, Roi de Soissons, de 567 à 584,Roi des Francs (Roi de Paris)
  • Gontran (v. 528 – 592) de 561 à 592, Roi de Burgondie, de 584 à 592, Roi des Francs (Roi de Paris)
  • Childebert II (570 – 595) de 575 à 595, Roi d’Austrasie, de 592 à 595, Roi de Burgondie et de Paris. Fils de Sigebert Ier.
  • Théodebert II (585 – 612) de 595 à 612,Roi d’Austrasie. Fils de Childebert II.
  • Thierry II (587 – 613) de 595 à 613, Roi de Burgondie, de 612 à 613, Roi d’Austrasie. Fils de Childebert II.
  • Sigebert II (v. 601 – 613) en 613, Roi d’Austrasie. Fils de Thierry II. Vaincu et tué par Clotaire II.
  • Clotaire II (584 – 18 octobre 629) de 595 à 629, Roi de Neustrie,de 613 à 629, Roi de Paris puis Roi des Francs. Fils de Chilpéric Ier, réunifie le royaume franc.
  • Dagobert Ier (v. 602/5 – 19 janvier 639) de 623 à 632, Roi d’Austrasie, de 629 à 639, Roi des Francs (moins l’Aquitaine), de 632 à 639, Roi des Francs. Fils de Clotaire II.
  • Caribert II (v. 606/10 – 632) de 629 à 632, Roi d’Aquitaine. Fils de Clotaire II.
  • Sigebert III (631 – 1er février 656) de 632 à 656, Roi d’Austrasie. Fils de Dagobert Ier.
  • Clovis II le Fainéant (633 – 657) de 639 à 657, Roi de Neustrie et de Burgondie. Fils de Dagobert Ier.
  • Childebert III l’Adopté († 662) de 656 à 662, Roi d’Austrasie. Fils adoptif de Sigebert III.
  • Clotaire III (v. 652 – 673) de 657 à 673, Roi de Neustrie et de Burgondie. Fils de Clovis II.
  • Childéric II (v. 655 – 675) de 662 à 675, Roi d’Austrasie, de 673 à 675, Roi des Francs. Fils de Clovis II.
  • Thierry III (v. 657 – 691) en 673, Roi de Neustrie, puis de 675 à 687, de 687 à 691, Roi des Francs. Fils de Clovis II.
  • Clovis III († 676) de 675 à 676, Roi d’Austrasie. Prétendument fils de Clotaire III, placé sur le trône d’Austrasie par le maire du palais Ebroïn.
  • Dagobert II (v. 652 – 23 décembre 679) de 676 à 679, Roi d’Austrasie. Fils de Sigebert III. Canonisé en 892.
  • Clovis IV (v. 680 – 695) de 691 à 695, Roi des Francs. Fils de Thierry III.
  • Childebert IV (v. 683 – 711) de 695 à 711,Roi des Francs. Fils de Thierry III.
  • Dagobert III (v. 699 – 715) de 711 à 715, Roi des Francs. Fils de Childebert IV.
  • Chilpéric II (v. 670 – 721) de 715 à 719, Roi de Neustrie et de Burgondie, de 719 à 721, Roi des Francs. Probablement fils de Childéric II. Élu roi de Neustrie en 715, sous l’égide du maire du palais Rainfroi. Devient roi de tous les Francs après la mort de son concurrent Clotaire IV, en 719.
  • Clotaire IV (v. 685 – 719) de 717 à 719, Roi d’Austrasie. Probablement fils de Thierry III, placé sur le trône d’Austrasie par Charles Martel, en lutte contre les Neustriens Chilpéric II et Rainfroi.
  • Thierry IV († 737) de 721 à 737, Roi des Francs. Fils de Dagobert III, placé sur le trône par Charles Martel après la mort de Chilpéric II.
    Interrègne (737 – 743)
  • Childéric III († v. 754/5) de 743 à 751, Roi des Francs. Placé sur le trône par Pépin le Bref, déposé par ce même Pépin en novembre 751 et cloîtré dans un monastère.

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Les historiettes d’Etienne…

Nos grosses têtes ne résoudrons pas mieux ce problème….

Extrait d’une conversation entre Colbert et Mazarin sous LOUIS XIV :

Colbert: Pour trouver de l’argent, il arrive un moment où tripoter ne suffit plus.

J’aimerais que Monsieur le Surintendant m’explique comment on s’y prend pour dépenser encore quand on est déjà endetté jusqu’au cou…

Mazarin : Quand on est un simple mortel, bien sûr, et qu’on est couvert de dettes, on va en prison. Mais l’Etat… L’Etat, lui, c’est différent. On ne peut pas jeter l’Etat en prison. Alors, il continue, il creuse la dette ! Tous les Etats font ça.

Colbert : Ah oui ? Vous croyez ? Cependant, il nous faut de l’argent. Et comment en trouver quand on a déjà créé tous les impôts imaginables ?

Mazarin : On en crée d’autres.
Colbert : Nous ne pouvons pas taxer les pauvres plus qu’ils ne le sont déjà.

Mazarin : Oui, c’est impossible.

Colbert : Alors, les riches ?

Mazarin : Les riches, non plus. Ils ne dépenseraient plus.

Un riche qui dépense fait vivre des centaines de pauvres.

Colbert : Alors, comment fait-on ?

Mazarin : Colbert,tu raisonnes comme un fromage (comme un pot de chambre sous le derrière d’un malade) ! Il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres, ni riches….

Des Français qui travaillent, rêvant d’être riches et redoutant d’être pauvres ! C’est ceux-là que nous devons taxer, encore plus, toujours plus ! Ceux là ! Plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser…

C’est un réservoir inépuisable.

Extrait du “Diable Rouge” d’Antoine Rault.

Le Saviez-vous…

Le mot “hérésie” provient du grec αἵρεσις / haíresis, qui veut dire choix.

L’hérésie est donc le choix philosophique, dogmatique ou gnostique dans une même religion. La traduction latine en est secta, secte. L’Antiquité n’attache pas de valeur péjorative à ces termes.
Dans le contexte antique, la religion étant plus rituelle que dogmatique, l’haíresis n’a pas l’aspect dramatique que revêtira l’hérésie chrétienne.

Toutefois, ces dogmes ne revêtent pas la même importance dans toutes les religions, ce qui explique différentes attitudes par rapport à l’hérésie.
La valeur péjorative est née en milieu chrétien avec les premières controverses théologiques dont témoignent Justin de Naplouse et Irénée de Lyon qui ont écrit “contre les hérésies” au IIe siècle.

Sources Wikipédia.

“A Brûle pourpoint”

Cette expression a une origine militaire.
Lorsqu’on tirait un coup de feu sur quelqu’un de très près, à bout portant, on lui brûlait le pourpoint (vêtement masculin qui couvrait le torse, utilisé entre le XIIIe et le XVIIe siècle).

Cette métaphore utilise d’abord l’idée d’efficacité (pour tuer quelqu’un , plus on est près, plus on a de chances de réussir) puis de soudaineté, de surprise (pour pouvoir tirer à brûle-pourpoint sur quelqu’un, il faut le surprendre)

“Fier comme Artaban”

Cette expression est d’origine littéraire.
Artaban est ici un personnage important d’un énorme roman, une épopée historique (12 volumes, 4153 pages), intitulé Cléopâtre et écrit par Gautier de la Calprenède (Lien externe) au milieu du XVIIe siècle.
Du succès de ce roman à l’époque n’est resté que la fierté et l’arrogance de son personnage, la sonorité de son nom ayant probablement aidé à la conservation de l’expression.

“Fier comme un pou”

Un pou est-il orgueilleux ? Personne n’a dû chercher à le savoir ou à lui poser la question avant de tenter de s’en débarasser.
Par contre, on sait que le coq a une posture fière.
Or pou est une forme dialectale de l’ancien français pouil, poul, venu du latin pullus qui voulait dire coq ou poulet.

“L’habit ne fait pas le moine”

Proverbe dont on trouve les premières traces au XIIIe siècle et qui serait tiré du latin médiéval.

Selon certains, ce proverbe viendrait d’une déformation progressive de la traduction de l’expression latine de Plutarque ‘barba non facit philosophum’ qui signifiait ‘la barbe ne fait pas le philosophe’.

D’autres disent qu’il aurait pour origine un fait historique : en 1297, pour réussir à s’emparer par la ruse de la forteresse bâtie sur le rocher monégasque, François Grimaldi et ses compagnons d’armes se sont déguisés en moines franciscains, fait rappelé sur les armoiries de Monaco (Lien externe).

Enfin, peut-être faut-il simplement voir une certaine ironie dans cette expression.
En effet, lorsqu’elle est apparue, les moines de l’époque étaient bien loin de suivre leurs préceptes. N’hésitant pas à accumuler des biens, à ripailler, à courir la gueuse ou à trucider à tout-va dans les batailles, ils avaient un comportement très éloigné de celui que leur tenue aurait pu laisser supposer.
Ainsi, un brigand désireux de détrousser un moine en le supposant faible, pouvait tomber sur bien plus fort et rusé que lui.

“Mettre sur la sellette”

Avant la Révolution, on faisait s’asseoir le présumé coupable sur un petit tabouret très bas, ‘la sellette’.
Celle-ci pouvait être recouverte d’un tapis quand l’accusé était une personne de haut rang.
La petite taille du banc obligeait à une posture jugée d’autant plus humiliante qu’on y paraissait les fers aux pieds.

“Faux-jeton”

Aujourd’hui, pour faire des calculs, les opérations posées sur une feuille de papier nous semblent d’une totale évidence.
Mais avant que les chiffres arabes et le système décimal ne deviennent d’usage courant, les montants monétaires étaient calculés selon la méthode du “jet”, sur des planchettes où étaient tracées des colonnes (correspondantes aux deniers, sols, livres…) dans lesquelles on posait et accumulait des jetons pour faire des totaux.
Ces jetons ayant parfois l’apparence de vraies pièces, certains tentaient de s’en servir comme telles auprès des personnes simples, d’où l’expression “faux comme un jeton”.

Un Coffret Audio à offrir…

Une merveille, un trésor, une perle rare, le ”Royaume oublié” est un coffret audio contenant trois cd et un livret traduit en six langues. Une oeuvre rare produit de la collaboration de Jordi Savall, de Montserrat Figueras, d’Anne Brenon, de la Capella Reial de Catalunya, d’Hesperion XXI, de Pascal Bertin, Marc Mauillon, Lluis Vilamajo, Furio Zanasi.
Cette évocation sans équivalent de la tragédie cathare occitane, toute en finesse, mêle le propos des troubadours du temps, les chants d’Hildegarde de Bingen, chants spirituels et danses arabo-andalouses.
Date et lieu d’enregistrement : avril, juin, juillet et août 2009 à la Collégiale de Cardona (Catalogne), à la Chapelle Nôtre Dame de Bon.
Il faut écouter et lire cette oeuvre majestueuse, à tout prix !

prix fnac 42 euros, 35 euros sur le site www.alia-vox.com.

Nous aimons…

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Revue de vulgarisation scientifique, obligatoire dans toutes les bonnes maternelles et université !

Des gants de grande tenue…qualité et fiabilité !