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La Buèges, chroniques d’une vallée

…Que serait l’histoire locale si elle était réservée à quelques spécialistes éloignés qui risqueraient de négliger tout ce qui fait la densité humaine et sociale de la vie rurale!...
Un livre complet sur la vie de la vallée de la Buèges depuis les origines néolithiques.

Édition du Groupe d’histoire et d’archéologie du foyer rural de la Buèges à récupérer au foyer rural, à l’Office du Tourisme et auprès de l’Association des Compagnons de Tras Castel.

Le Livre des Faits de Jaume Ier

Autobiographie d’un grand Roi du XIIIe siècle

Un ouvrage unique, émouvant et primordial, d’une rare précision et très documenté, ce chef d’œuvre de Robert Vinas est incontournable !

Les Vikings attaquent !

Sur les Fêtes et évènements médiévaux, nous rencontrons de plus en plus de personnes en quête de compagnie “viking” dans le sud de la France, pour expérimenter le combat, discuter, échanger des savoir-faire, faire de bonnes rencontres…

Pour que des projets puissent émerger, nous invitons toutes les personnes intéressées par l’univers germanique, (“viking”, Varègues et autres peuples Scaldes), habitant dans les régions méditerranéennes à se faire connaître en utilisant le contact de la page Fils d’Odin.

Vous trouverez sur cette page un formulaire de contact que vous pouvez utiliser comme Forum, et quelques adresses utiles…pour le reste, c’est à vous de jouer!

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“Le temps brise et disperse la réalité, ce qui reste devient mythe et légende.” Nuto Revelli

Une vue d’ensemble des mythes et légendes diffusés au Moyen Âge.

Mythes et Légendes médiévales

Dernière mise à jour : 2012-05-17 17:19:44

Thor, 1872. Marten Eskil Winge

Mythes fondateurs antiques, mythologie Greque, Latine, Norroise, Celtique

Mythologie celtique : les origines

Nos connaissances actuelles des origines de la mythologie celte sont très partielles et partiales. Comme toutes traditions “orales”, elle nous est transmise essentiellement par leurs propres ennemis, les romains. Déformations, exagérations, lacunes, il est évident que ces sources sont peu fiables. De plus, lorsque nous parlons de mythologie celte, nous évoquons essentiellement les sources culturelles d’une faible partie de ces peuples (culture bretonne, galloise et irlandaise), hors le peuple celte est constitués de grandes familles qui essaimèrent leurs hordes dans toute l’Europe.

Certes, nous avons les traces toponymique de leur différentes divinités : par exemple le dieu Lug dans la toponymie rhodanaise (Lyon: Lugdunum, la colline de Lug), la déesse Dana, origine théonymique de nombreux lieux (Danube, Dnierp), la déesse totémique Arduina (Ardennes).

Il faut bien comprendre que ces sommes de divinités multiformes, sont ancestralement récupérées des élans mystiques du néolithique. Pour expliquer le cycle de la vie, la fatalité de la mort, la fragilité ou l’ingéniosité de l’être humain, l’ambivalence de la nature, source de vie et de souffrances, les évènements climatiques, les maladies et la guerre sont autant de sources pour ces croyances.

Ces ensembles de divinités panthéiques sont protéiformes, leur nom, leur nombre, les qualités et les mythes reliés aux diverses divinités sont variés et mutent au gré des diverses influences des peuples. Il y a cependant des correspondances entre les divinités des différentes zones géographiques, des équivalences dans les mythes et l’omniprésence des druides, tant en Gaule que dans les îles britanniques.
Pour résumer, les sources des mythes et du panthéon celte nous sont transmises par Diodore de Sicile (Bibliothèque historique), Strabon (Géographie), Pomponius Mela (De Chorographia), Lucain (La Pharsale), Pline l’Ancien (Histoire naturelle), et surtout Jules César avec les Commentaires sur la Guerre des Gaules, tous romains, hostiles, et peu admiratifs de la culture des vaincus.
Chacun d’entre eux citent diverses divinités qu’ils classent en plusieurs ensembles hiérarchisés.

Des dieux tutélaires :
Toutatis, (Teutates, Totiourix, Teutanos)
Taranis,
Esus,
Lugos,
Sucellos

Des éléments importants de la mythologie celtique ont été repris dans la matière de Bretagne, notamment dans le cycle arthurien.

Mythologie nordique

La mythologie nordique est constituée des légendes provenant de la religion pratiquée autrefois dans une grande partie de l’Europe du Nord de peuplement essentiellement germanique (Norvège, Suède, Danemark, Islande et la région nord de l’Allemagne).

Les divinités du panthéon nordique sont, comme dans beaucoup d’autres mythologies, des représentations anthropomorphes des forces qui régissent l’univers.

Les Trois Matières Rome, France, Bretagne

Depuis l’apparition des premières cités, entre le IVe et le IIIe millénaire avant Jésus Christ, des mythes racontent la fondation de certaines d’entre elles. L’épopée de Gilgamesh à Babylone, le mythe de Romulus et Remus à Rome, le mythe d’Erecthée à Athènes et le Kalevala en Finlande sont des mythes de fondation.
Il est devenu courant de parler de « mythe fondateur » pour des récits d’origines plus récentes : Suisse, États-Unis, Israël, etc.

Les trois matières

Au-delà des thèmes et des motifs exploités, les sujets traités par le roman se caractérisent par leur originalité et leur diversité. Il est toutefois possible de les rassembler en trois grands sujets (dits matières) :

1. la matière de Rome, ou antique a inspiré le Roman de Thèbes, le Roman d’Énéas, le Roman de Troie et le Roman d’Alexandre.
2. la matière de France, récits de guerres et de prouesses militaires des Francs.
3. la matière de Bretagne, la plus féconde, a inspiré tous les romans dits arthuriens.

La matière de Bretagne se développe à la cour d’Henri II Plantagenêt et de sa femme Aliénor d’Aquitaine ainsi qu’à la cour de la fille d’Aliénor, Marie de France, en Champagne. La matière de Bretagne est imprégnée des traditions et des légendes celtiques transmises oralement par les conteurs bretons et gallois. Bien que de nombreuses imprécisions demeurent sur son existence, Chrétien de Troyes apparaît comme l’auteur le plus représentatif et le plus innovant de cette matière de Bretagne. Son écriture se caractérise notamment par une attention particulière portée aux effets de structure (miroirs, parallèles, échos divers, correspondances entre des personnages ou des épisodes, etc.). Il innove également par le tour qu’il donne aux aventures de ses héros. Il les orne d’évènements imprévus et surprenants qui apparaissent souvent comme les signes du destin du chevalier. De plus, il lie étroitement ces aventures à la notion de quête. Celle-ci peut avoir pour objet un personnage disparu, un amour, une identité, une gloire ou une fin spirituelle. Ces quêtes prennent place dans un univers romanesque qui allie des éléments surnaturels et merveilleux à des effets de réel.

1. La matière de Rome.

Le Roman de Thèbes est un roman écrit par un clerc anonyme, la date de rédaction du premier manuscrit est estimée à 1150. On considère ce texte comme un des plus anciens romans français (ou le plus ancien selon la définition que l’on donne au mot roman.

Le Roman de Thèbes est une réécriture du mythe antique d’Étéocle et de Polynice.

Le Roman d’Énéas est une adaptation de l’ Énéide de Virgile que l’auteur traduit du latin, parfois fidèlement, parfois en se permettant des libertés qui font de ce texte une véritable création littéraire. Comme chez Virgile, le roman relate les voyages et les combats du troyen Énée, ancêtre mythique du peuple romain. Le clerc du XIIe siècle transforme néanmoins l’épopée latine, récit de fondation concentré sur le thème guerrier, en une oeuvre romanesque qui développe largement la thématique de l’amour.

La rédaction est estimée à 1160.

Le Roman de Troie Le Roman de Troie (1160–1170). Écrite en vers octosyllabes à rime plate, ce roman est la principale œuvre en langue romane traitant de la guerre de Troie au Moyen Âge. L’auteur se propose de mettre en roman les courts récits latins De Excidio Troiae de Darès de Phrygie et de Dictys de Crète, tout en récusant la source homérique qualifiée de mensonge. On a longtemps tenu pour acquis que l’œuvre avait été dédiée à Aliénor d’Aquitaine et commandité par elle à cause de la l’hommage à une “riche dame de riche rei”. Or ce patronage est remis en question: la définition flou de la formule peut autant appeler à la Vierge qu’à toute autre reine susceptible de vouloir commanditer et rémunérer l’auteur. Ce poème a été publié, avec une Étude, par Aristide Joly (in-4, 1870) et en 1904–1912 par Léopold Constans (disponible sur Gallica).

L’origine en est le cycle troyen

Le Roman d’Alexandre est l’une des collections de plusieurs légendes concernant les mythiques exploits d’Alexandre le Grand. La première version est en grec, datant du IIIe siècle. Plusieurs manuscrits attribuent la fin des travaux à l’historien de la cour d’Alexandre, Callisthène.
Le Roman d’Alexandre connut un large succès au Moyen Âge avec plusieurs versions et traductions, notamment de Julius Valerius Alexander Polemius en latin (IVe siècle A. D.), Léon de Naples (milieu Xe siècle) ou encore Alexandre de Bernay dit Alexandre de Paris en dialecte français (XIIe siècle).

Il est composé de quatre branches

2. La matière de France.

La Matière de France (appelé aussi cycle carolingien ou carlovingien) est un ensemble de légendes, provenant de France, puis du reste de l’Europe occidentale, notamment l’Italie, l’Angleterre et la Scandinavie, appartenant à la littérature médiévale en ancien français, puis dans diverses langues européennes et qui constituent les chansons de geste. Elle a commencé par être racontée dans des poèmes en vers ; les récits qu’on y trouve ont subsisté alors que les chansons elles-mêmes n’étaient plus guère lus.

Parmi les personnages centraux de la Matière de France on trouve Charlemagne et ses paladins, particulièrement Roland, héros de la Chanson de Roland, et Olivier, guerrier fréquemment en conflit avec le champion sarrasin Fiérabras. À l’origine, la Matière de France contenait des récits de guerres et de prouesses militaires, et elle était axée sur les conflits entre Francs et Sarrasins (ou Maures) au temps de Charles Martel et de Charlemagne. La Chanson de Roland, par exemple, nous conte la bataille de Roncevaux à l’époque où Charlemagne achevait de créer un glacis contre l’Espagne musulmane. Pendant la maturation du genre, des éléments fantastiques et magiques ont eu tendance à s’ajouter aux contes. Bayard, le cheval magique, par exemple, est un élément qu’on retrouvera dans plusieurs autres récits, de même que le roi de Féérie Obéron. Sorciers et magiciennes apparaissaient dans des rôles fréquemment négatifs, alors que les héros étaient eux-mêmes souvent aidés par les pouvoirs mystiques des reliques chrétiennes ou même parfois par des alliés aux pouvoirs magiques (tel Huon de Bordeaux constamment soutenu par Obéron).
Après l’époque des chansons de geste les récits ont passé ailleurs dans la littérature. Leur survivance la plus connue est celle qu’ils ont trouvée dans les épopées italiennes dues à l’Arioste,à Boiardo et à Torquato Tasso, ainsi qu’à un petit nombre d’auteurs secondaires qui ont travaillé dans ce genre : les contes d’Orlando Furioso (« la folie de Roland ») et d’Orlando Innamorato (« Roland Amoureux ») ont été empruntés directement aux chansons de geste. Ces poésies devaient être imitées en anglais par Edmund Spenser dans The Faerie Queene.

Des récits de la Matière de France se retrouvent également en vieux norrois, langue dans laquelle on a écrit au XIIIe siècle en Norvège la saga de Charlemagne, et contiennent une vue d’ensemble des principales histoires du cycle. Dans la littérature espagnole, l’épopée du Cid recrée une grande partie de l’atmosphère des premières chansons de geste. En effet, jusqu’à ce que la renaissance du celtisme en Grande-Bretagne et en Irlande au XIXe siècle eût insufflé une vie nouvelle au cycle arthurien, la Matière de France et la Matière de Bretagne jouissaient d’une faveur à peu près égale parmi les légendes du Moyen Âge.

3. La matière de Bretagne.

Les légendes arthuriennes

La Légende arthurienne est un ensemble de textes écrits au Moyen Âge autour du roi Arthur, de son entourage et de la quête du Graal. Elle est un thème fort de la matière de Bretagne.

Il n’existe pas une légende arthurienne, mais des légendes arthuriennes. Cela est dû aux nombreux auteurs qui ont assemblé ces traditions au cours des siècles, depuis les premiers moines collecteurs jusqu’aux écrivains qui l’ont enrichie, comme Chrétien de Troyes ou plus récemment Xavier de Langlais. Ainsi le nom des personnages et les circonstances de leur vie (jeunesse, hauts faits, mort) varient d’une époque à l’autre, d’un pays à l’autre. Il existe cependant une unité de lieu : le royaume mythique de Bretagne (Angleterre, Pays de Galles et Bretagne continentale), et une date approximative : la fin du Ve siècle et le début du VIe siècle, correspondant aux grandes invasions qui précédèrent et suivirent la chute de l’Empire romain d’Occident. Il ne s’agit donc pas à l’origine de personnages médiévaux, même si leur popularité en France a été portée par des écrivains du Moyen Âge.

Le cycle littéraire de la légende arthurienne est le plus connu des cycles de la matière de Bretagne. Il doit son succès à son statut de double récit, approché par de très nombreux auteurs depuis le XIIe siècle. D’un côté Camelot, utopie chevaleresque, défaite par les conflits entre Arthur, Lancelot et Mordred, entre autres. De l’autre la fabuleuse quête du Graal, entreprise par de nombreux chevaliers, dans laquelle beaucoup échouent (comme Lancelot) et de rares élus réussissent (son fils Galahad, notamment aidé de Perceval). Le cycle arthurien est, depuis quelques siècles, centré sur des thèmes chrétiens, tels que la destruction de la vertu et de la morale par des hommes pleins de défauts, ou la recherche de la relique suprême, le Saint Calice. Les relations amoureuses, telles que celle de Lancelot et Guenièvre, ou Tristan et Iseult sont les prémices de l’amour courtois, aujourd’hui bien connu des auteurs contemporains, comme l’incontournable Roméo et Juliette de William Shakespeare. Plus récemment, la tendance aura été de lier les légendes de la Table ronde à la mythologie celtique, surtout depuis le début du XXe siècle.

Les personnages mythiques Roland, Arthur

Le roi Arthur

Le roi Arthur est, d’après les légendes arthuriennes, un seigneur breton qui aurait organisé la défense de la Grande-Bretagne face aux envahisseurs saxons à la fin du Ve siècle ou au début du VIe siècle. La légende d’Arthur est principalement inspirée par le folklore et l’invention littéraire, et son existence historique n’est pas attestée. Les sources historiques d’Arthur sont recueillies sur de rares textes, tels les Annales Cambriae, l’Historia Brittonum et les écrits de Gildas le sage. Le nom d’Arthur apparait également dans d’anciens poèmes tel que le Gododdin. Son histoire se situe à une époque où le terme “Bretagne” désignait la grande moitié Sud de l’actuelle Grande-Bretagne.

La figure d’Arthur s’est développée essentiellement grâce à l’Historia regum Britanniae (Histoire des rois de Bretagne) écrite par Geoffrey de Monmouth au XIIe siècle. Toutefois, antérieurement à cette œuvre, certains contes et poèmes gallois ou bretons font déjà apparaître Arthur comme un grand guerrier défendant la Bretagne des hommes et d’ennemis surnaturels ou comme une figure magique du folklore, parfois associée à Annwvyn, l’autre-monde celtique. La part du récit de Geoffrey de Monmouth adaptée des sources antérieures et celle issue de sa propre imagination sont inconnues.

Bien que les thèmes, les événements et les personnages varient considérablement de texte en texte, les événements contés dans l’Historia regum Britanniae servirent de base pour la plupart des histoires postérieures.

Geoffrey de Monmouth dépeint Arthur comme un roi ayant établi une royauté rassemblant toute l’île de Bretagne, ainsi que l’Irlande, l’Islande, la Norvège, le Danemark et une bonne partie de la Gaule. En fait, beaucoup d’éléments qui font désormais partie intégrante de l’histoire du roi Arthur apparaissent dans l’Historia regum Britanniae : le père d’Arthur Uther Pendragon, le magicien Merlin, l’épée Excalibur, la naissance d’Arthur à Tintagel, sa dernière bataille contre Mordred à Camlann et sa retraite finale à Avalon. Au XIIe siècle, l’écrivain français Chrétien de Troyes y ajoute Lancelot et le Saint Graal et initie le genre de la romance arthurienne (en puisant dans la Matière de Bretagne) qui devient un volet important de la littérature médiévale. Dans ces histoires, la narration se concentre souvent sur d’autres personnages, tels que les différents chevaliers de la Table Ronde au lieu de se focaliser sur le roi Arthur lui-même. La littérature arthurienne a prospéré pendant le Moyen Âge, avant de perdre de l’importance dans les siècles qui suivirent. Elle est redevenue un sujet à la mode au XIXe siècle. Au XXIe siècle, le roi Arthur est toujours un personnage mis en scène, à la fois dans la littérature mais aussi dans les adaptations scéniques (festivals, spectacles vivants), au théâtre, au cinéma, à la télévision, dans les bandes dessinées, les jeux vidéo et d’autres média.

Dame Carcas

Une version de sa légende dit que l’armée de Charlemagne était aux portes de la Cité prises par les Sarrasins. Dame Carcas était à la tête des chevaliers de la Cité après la mort de son mari au premier combat. Le siège dura 5 ans.
Mais au début de la sixième année, la nourriture et l’eau se faisaient de plus en plus rares. Dame Carcas voulut faire l’inventaire de toutes les réserves qu’il restait. Les villageois lui amenèrent un porc et un sac de blé. Elle eut alors l’idée de nourrir le porc avec le sac de blé puis de le précipiter depuis la plus haute tour de la Cité au pied des remparts extérieurs.
Charlemagne et ses hommes, croyant que la Cité débordait encore de vivres au point de gaspiller un porc nourri au blé, leva le siège. Voyant l’armée de Charlemagne quitter la plaine devant la Cité, Dame Carcas remplie de joie par la victoire de son stratagème décida de faire sonner toutes les cloches de la ville. Un des hommes de Charlemagne s’écria alors : « Carcas sonne ! »
- « Voilà un bon mot, dit Charlemagne, Qu’il soit pour toujours, le nom de cette cité, en souvenir de cette noble dame. »

Ainsi serait né le nom de la cité de Carcassonne.

Robin des bois : personnage dont la légende situe les exploits principalement dans la forêt de Sherwood, contre le shérif de Nottingham. Cette légende serait l’amalgame de différent personnages réels.
Les premières traces de la légende seraient une balade du XVe siècle : Robin des bois et le moine.
Ensuite dans la chanson de geste de Robin des bois il y a des indices sur son identité : il serai né dans le comté du Yorkshire et y serai mort.
Mais on trouve des écrits plus proche de la réalité :
Dans des documents municipaux de Wakefield dans le Yorkshire (sous forme de rouleau) rédigé en latin médiéval son nom apparait une vingtaine de fois ente 1309 et 1322 pour divers petits délis.
Dans un manuscrit (codex) gardé dans la bibliothéque de l’université d’Iton il est fait mention d’un hors la loi de ce nom ayant sévi dans la forêt de Sherwood entre 1294 et 1299.
Dans un autre rouleau de 1226 où étaient répertoriés les saisies des biens des délinquants en fuite ou emprisonnés, il est fait mention d’un robin des bois.
Au XIIIe siècle plusieurs hors la loi se font appeler Robin des bois ce qui laisse à penser que c’est devenu un surnom de bandits.

Roland

Roland (en francique Hruotland, latin Hruodlandus) est un personnage de la littérature médiévale et de la Renaissance, chef paladin de Charlemagne et figure centrale de la matière de France. Personnage central de la Chanson de Roland, une chanson de geste du XIe siècle racontant sa dernière lutte contre les Sarrasins à la bataille de Roncevaux.

Il est basé sur un personnage historique n’ayant que peu de rapport avec les nombreux récits épiques dont il est le héros.

Les objets mythiques Graal, Ponts du diable, Cloches, Tapis volants

Graal

Le Graal est un objet des légendes arthuriennes, objet de la quête des chevaliers de la Table ronde. À partir du XIIIe siècle, il est assimilé au Saint Calice (la coupe qui a recueilli le sang du Christ) et prend le nom de Saint Graal. La nature du Graal et la thématique de la quête qui lui est associée ont donné lieu à de nombreuses interprétations symboliques ou ésotériques, ainsi qu’à de multiples illustrations artistiques.

Pierre philosophale

Substance dont l’élaboration constitue le but de l’alchimie, permettant d’acquérir la conscience absolue. Sa détention permettrait, de donner la vie éternelle, ou de transmuter des métaux courants en or.

Les lieux légendes provinciales

Camelot

Camelot, aussi appelée Camaloth ou Camaaloth, est un château (ou une ville), des légendes arthuriennes.

Camelot était le siège de la cour du roi Arthur, souverain de Bretagne, soit l’actuelle Angleterre (au sud du mur d’Hadrien), le pays de Galles et l’Armorique. Arthur et la reine Guenièvre y tenaient leur cour, où fut instituée la Table Ronde.

Roncevaux : endroit situé en Espagne, célèbre pour son défilé où Roland a trouvé la mort dans La chanson de Roland.

Excroissances mythiques de la Chrétienté phénomènes, personnages, peurs millénaristes

Comme dans beaucoup de religions modernes, la Chrétienté a utilisé dès son début de nombreuses paraboles. Certaines personnes les prennent au pied de la lettre, d’autres les considèrent comme des mythes.

Le Saint Suaire

Les premiers textes mentionnant l’existence du “linge” [Eusèbe de Césarée dans son Histoire ecclésiastique (1.13.5–1.13.22), milieu du IVe siècle, dans le Voyage d’Égérie en 384, et dans la Doctrine d’Addaï (Addaï étant le nom syrien de Thaddée) au Ve siècle] concerne Abgar V, toparque d’Edesse de l’an 13 à l’an 50, lequel, très malade, reçut le “Mandylion” et guérit.

En 593, Évagre le Scolastique, dans son Histoire Ecclésiastique (IV, 27), raconte le siège d’Edesse par les Perses en 544 ; il indique que les défenseurs de la ville essayèrent sans succès de mettre le feu à la rampe d’assaut des assaillants.
Ils amenèrent alors dans la mine l’« image créée par Dieu, et non faite de main d’homme (acheiropoietos), et que le christ avait envoyée à Abgar », et le feu prit enfin.
Les assiégeants, détournèrent une rivière pour l’éteindre, mais le feu redoubla comme si on avait apporté de l’huile ou du soufre. La rampe fut réduite en cendres, et Chosroès dut abandonner le siège.
L’écrivain britannique Ian Wilson (L’énigme du Suaire, Albin Michel, 2010) émet l’hypothèse selon laquelle le “drap d’Édesse” serait le même objet que le Suaire de Turin. Jean Damascène (650–749), dans son ouvrage Des Saintes Images, décrit l’Image d’Édesse comme une bande, un drap oblong, qui n’est pas carré.
En 943, le général byzantin, Jean Curcuas, se présente avec toute son armée aux portes d’Édesse sous domination musulmane et réclame seulement la fameuse “Image d’Édesse” que les défenseurs préfèrent lui remettre.
Le 15 août 944, Curcuas ramène en grande pompe jusqu’à la capitale l’Image vénérée que les Grecs nomment aussi “Mandylion” ; à l’occasion du transfert du drap à Constantinople, l’archidiacre de Sainte-Sophie prononce un sermon. La présence du “Saint Suaire” (on devrait dire « Saint Linceul » car le « suaire » était un linge placé sur le visage du défunt) est attestée à Constantinople du 15 août 944 au 12 avril 1204 jour de la prise de la ville par les Croisés.
Dans une lettre, datée du 1er août 1205, Théodore Ange, neveu de l’un des trois empereurs byzantins déposés par les Croisés, écrit au pape Innocent III pour protester contre le sac de sa capitale ; elle contient ce passage : « Les Vénitiens se sont appropriés les richesses en or, argent et ivoire, et les Francs ont fait de même avec les reliques des saints, dont la plus sacrée d’entre toutes, le drap dans lequel notre Seigneur Jésus-Christ fut enveloppé après sa mort et avant sa résurrection. Nous savons que les objets sacrés sont conservés par les pillards à Venise, en France et en d’autres lieux, le “drap sacré” à Athènes. »
Le “linceul” réapparaît en France, le 20 juin 1353, à l’occasion de la fondation de la collégiale de Lirey (Champagne) par le chevalier Geoffroy de Charny qui tiendrait la « relique des reliques » du roi Philippe VI de Valois dont il fut le conseiller et qui lui confia l’oriflamme de Saint Denis [le 16 avril 1349, Geoffroy de Charny avait écrit au pape Clément VI pour lui faire part de son intention de construire l’église Sainte-Marie de Lirey en remerciement pour son évasion alors qu’il était prisonnier des Anglais). Des bulles du pape Innocent VI, datées de janvier et février 1354, approuvent la fondation et consentent quarante jours d’indulgence à tous ceux qui visitent l’église aux quatre fêtes principales de la Vierge. Geoffroy de Charny meurt le 19 septembre 1356 à la bataille de Poitiers où il est enterré [d’aucuns le confondent avec Geoffroy de Charnay (v. 1251— 1314), précepteur de l’Ordre du Temple pour la Normandie, brûlé sur l’île de la Cité à Paris le 18 mars 1314 en compagnie du Grand Maître, Jacques de Molay]. En 1357, la collégiale de Lirey sera le cadre de la première ostension connue du “linceul de Lirey”, lequel, après maintes péripéties, deviendra le “Saint-Suaire de Turin”. Geoffroy de Charny tenait-il la « relique des reliques » du roi Philippe VI de Valois, comme le prétendent la plupart des sources ? Ou bien, était-elle la propriété de Jeanne de Vergy, la dernière épouse de Geoffroy de Charny ?). La veuve de Geoffroy organise les ostensions du Linceul jusqu’à ce que Henri de Poitiers, évêque de Troyes, le lui interdise. Mais, après que le frère du pape, Aymon, comte de Genève, a convolé avec elle, Clément autorise sa belle-sœur à exposer à nouveau le Suaire dans la petite église de Lirey. Pierre d’Arcis, évêque de Troyes, s’appuyant sur un texte de son prédécesseur, Henri de Poitiers, expliquant que le suaire de Lirey a été peint et que l’artisan qui l’a créé s’en est confessé à lui, proteste auprès de Clément.
1390. Pierre d’Arcis, évêque de Troyes, s’appuyant sur le texte de son prédécesseur Henri de Poitiers, proteste auprès de Clément contre l’exposition du Suaire de Lirey : le pape interdit à Pierre d’Arcis de s’opposer à l’exposition du drap funéraire.
Dans son projet de bulle du 6 janvier 1390, le pape d’Avignon indique que « l’image et représentation montrée n’est pas le vrai suaire du Christ et que ce n’en est qu’une peinture ou qu’un tableau (Emmanuel Poulle, Le linceul de Turin victime d’Ulysse Chevalier in Revue d’Histoire de l’Église de France, t. 92, 2006, p. 351. et pp. 355–358.34) » et que les fidèles doivent être avertis qu’il s’agit d’une représentation qu’on dit avoir été [celle] du même Seigneur Jésus-Christ ».
Mais cette mention disparaît dans la rédaction définitive en mai : Clément VII s’abstient de proclamer la fausseté du linceul comme il lui avait été proposé de le faire (Emmanuel Poulle, Le linceul de Turin victime d’Ulysse Chevalier in Revue d’histoire de l’Église de France, 2006, vol. 92, n°229, pp. 343–35835) et il interdit à Pierre d’Arcis de s’opposer à l’exposition du drap funéraire, si celle-ci se fait selon ce qui est prescrit par le décret (Pierluigi Baima Bollone, 101 questions sur le Saint Suaire, éd. Saint Augustin, 2001, p. 8736).
Quelques jours après l’enregistrement de cette bulle, le 1er juin, Clément VII publie une nouvelle bulle qui accorde des indulgences aux personnes qui visiteront l’église collégiale de Lirey ; cette bulle ne mentionne pas les restrictions concernant les conditions d’ostension du drap (L. Fossati, Il Memoriale di Pierre d’Arcis egli sritti di Clemente VII al vaglio della critica, ISML, 1993, pp. 113–121, cité par Bollone, p.8937). Geoffroy II de Charny hérite du Suaire et le fait transférer à Saint-Hippolyte de 1418 à 1452 ; puis il le lègue à sa fille Marguerite qui le vend en 1453 à Anne de Lusignan, épouse du duc Louis Ier de Savoie : le linceul devient la propriété de la maison de Savoie qui le dépose dans la chapelle du château de Chambéry.
Le 26 avril 1506, une bulle de Jules II approuve le culte public du “Linceul de Chambéry” reconnu comme “unique linceul dans lequel Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même fut enveloppé au tombeau”. Le linceul est endommagé par un incendie en 1532. En 1578, il est transféré dans le château ducal de Turin.
Le 13 octobre 1988, l’archevêque de Turin annonce que le linceul appelé « Saint Suaire » remonte à 1260–1390 selon la datation au carbone 14 (des chercheurs, remettant en cause la représentativité de l’échantillon daté, contestent ce résultat et demandent de nouvelles analyses ; le mode de formation de l’image du supplicié reste inconnu ; le tissage du linceul est caractéristique de l’Orient ancien ; présence de pollens venus de Méditerranée).
Le linceul est sauvé d’un second incendie en 1997. A l’occasion de l’ostension de 1998, l’archevêque de Turin déclare : « Le suaire n’est pas une donnée de foi. Chacun est libre de se former une opinion. » Luc a écrit (20, 6–7) : « Simon Pierre (...) arriva à son tour et entra dans le sépulcre. Il vit les linges posés à terre, et le suaire qui couvrait la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé dans un autre endroit » : comment l’image de la face du Christ a-elle pu s’imprimer si nettement sur le linceul, puisqu’un suaire couvrait sa tête ? Le sang retrouvé sur la Tunique d’Argenteuil, le Linceul de Turin et le Suaire d’Oviedo est celui d’un homme blanc du groupe AB (5 % de la population mondiale, 15% de la population du Moyen-Orient) ; si les recherches révélaient un ADN identique, cela signifierait qu’on a affaire au même homme, mais pas forcément à Jésus de Nazareth.

Référence publication : Compilhistoire.
Auteur : Jean-Paul Coudeyrette.

Prophétie des Papes

La « prophétie des papes » dite également « prophétie de saint Malachie » (Prophetia S. Malachiae De Summis Pontificibus), liste de 112 devises en latin s’appliquant chacune à un pape depuis Célestin II (1113–14) jusqu’à l’ultime « Pierre le Romain », a été publiée par le bénédictin Arnold de Wion (Venise 1595) dans Lignum vitae.
La prophétie a été faussement attribuée à Malachie (Armagh 1094 – Clairvaux 1148), évêque d’Armagh en Irlande, célèbre par ses connaissances héraldiques et astrologiques.

On distingue deux parties dans la liste :
– Jusqu’à Urbain VII (1590) : les devises sont accompagnées d’un bref commentaire dont l’auteur serait le dominicain espagnol Alfonso Chacon – Ciaconius – (1540–99). Comme on y retrouve les mêmes erreurs d’armoiries et le même choix d’antipapes que dans les Notices des Papes publiées en 1557 par Onofrio Panvinio, on peut en conclure que le pseudo-Malachie s’est servi de cet ouvrage.
– Après Urbain VII : aucun commentaire n’accompagne les devises, très vagues, qui peuvent s’appliquer aussi bien aux papes qu’à des personnages du temps ou à diverses circonstances.

On pense communément que les cardinaux, réunis en conclave en 1590 après la mort d’Urbain VII, ont voulu favoriser la candidature au Saint-Siège du cardinal Jérôme Simoncelli, évêque d’Orvieto (en latin urbs vetus : ville vieille), en lui attribuant la devise De antiquitate urbis (De l’antiquité de la ville) ; mais, sans succès, puisqu’il ne fut pas élu.
S’il n’avait pas été difficile de fabriquer des maximes appropriées pour les papes antérieurs, il a bien fallu inventer des devises pour les trente-six pontifes qui suivirent.

L’Église ne s’est pas prononcée sur l’authenticité de la prophétie, mais elle ne l’a pas condamnée.
Les devises ont même été parfois utilisées officieusement pour faire l’éloge d’un pape.

  • 1. Ex castro Tyberis. D’un château sur le Tibre. Célestin II (1143–1144):
  • 2 Inimicus expulsus. L’ennemi chassé. Luce II (1144–1145)
  • 3. Ex magnitudine montis. De la grandeur du mont. Eugène III (1145–1153)
  • 4. Abbas Suburranus. L’abbé suburrain. Anastase IV (1153–1154)
  • 5. De rure albo. Au sujet du champ d’Albe. Adrien IV (1154–1159)
  • 6. Ex tetro carcere. De la prison horrible. Victor IV (1159–1164)
  • 7. Via transtiberina. Par la voie Transtévère. Pascal III (1164–1168)
  • 8. De Pannonia Tusciae. De la Pannonie de Toscane. Calixte III (1168–1178)
  • 9. Ex ansere custode. De l’oie gardienne. Alexandre III (1159–1181)
  • 10. Lux in ostio. La lumière en la porte. Luce III (1181–1185)
  • 11. Sus in cribro. Le pourceau dans le crible. Urbain III (1185–1187)
  • 12. Ensis Laurentii. L’épée de Laurent. Grégoire VIII (1187–1187)
  • 13. De schola exiet. Il sortira de l’école. Clément III (1187–1191)
  • 14. De rure bovensi. De la campagne des Bovis. Célestin III (1191–1198)
  • 15. Comes signatus. Le comte signé. Innocent III (1198–1216)
  • 16. Canonicus ex latere. Le chanoine de Latran.Honorius III (1216–1227)
  • 17. Avis Ostiensis. L’oiseau d’Ostie. Grégoire IX (1227–1241)
  • 18. Leo Sabinus. Le lion de la Sabine. Célestin IV (1241–1241)
  • 19. Comes Laurentius. Le comte Laurent. Innocent IV (1243–1254)
  • 20. Signum Ostiense. Le signe d’Ostie. Alexandre IV (1254–1261)
  • 21. Hierusalem Campaniae. Jérusalem de la Champagne. Urbain IV (1261–1264)
  • 22. Draco depressus. Le dragon vaincu. Clément IV (1265–1268)
  • 23. Anguinus vir. L’homme serpent. Grégoire X (1271–1276)
  • 24. Concionatur Gallus. Le prêcheur gaulois. Innocent V (1276–1276)
  • 25. Bonus Comes. Le bon Comte. Adrien V (1276–1276)
  • 26. Piscator Tuscus. Le pêcheur de Tuscum. Jean XXI (1276–1277)
  • 27. Rosa composita. La rose composée. Nicolas III (1277–1280)
  • 28.Ex teloneo liliacei Martini. De la trésorerie de Martin des Lys. Martin IV (1281–1285)
  • 29. Ex rosa leonina. De la rose Léonine. Honorius IV (1285–1287)
  • 30. Picus inter escas. Le pivert entre les viandes. Nicolas IV (1288–1292)
  • 31. Ex eremo celsus. En élévation depuis l’ermitage. Célestin V (1294–1294)
  • 32. Ex undarum benedictione. De la bénédiction des ondes. Boniface VIII (1294–1303)
  • 33. Concionator patareus. Le prêcheur de Patare. Benoît XI (1303–1304)
  • 34. De fessis Aquitanicis. Des fasces d’Aquitaine. Clément V (1305–1314)
  • 35. De sutore osseo. Du cordonnier d’Osse. Jean XXII (1316–1334)
  • 36. Corvus schismaticus. Le corbeau schismatique. Nicolas V (1328–1330)
  • 37. Frigidus Abbas. L’abbé froid. Benoît XII (1334–1342)
  • 38. De rosa Atrebatensi. De la rose d’Arras. Clément VI (1342–1352)
  • 39. De montibus Pammachii. Des monts de Pammaque. Innocent VI (1352–1362)
  • 40. Gallus Vice-comes. Le Vicomte gaulois. Urbain V (1362–1370)
  • 41. Novus de Virgine forti. Le nouveau d’une Vierge forte. Grégoire XI (1370–1378)
  • 42. De cruce Apostilica. De la croix Apostolique. Clément VII (1378–1394)
  • 43. Luna Cosmedina. La Lune de Cosmedin. Benoît XIII (1394–1423)
  • 44. Schisma Barcinonicum. Le schisme de Barcelone. Clément VIII (1423–1429)
  • 45. De Inferno praegnanti. De l’enfer de Pregnani. Urbain VI (1378–1389)
  • 46. Cubus de mixtione. Le cube de mélange. Boniface IX (1389–1404)
  • 47. De meliore sydere. D’un astre meilleur. Innocent VII (1404–1406)
  • 48. Nauta de ponte nigro. Le marin de Nègrepont. Grégoire XII (1406–1415)
  • 49. Flagellum Solis. Le fléau du Soleil. Alexandre V (1409–1410)
  • 50. Cervus Sirenae. Le cerf de Sirène. Jean XXIII (1410–1415)
  • 51. Corona veli aurei. La colonne du voile d’or. Martin V (1417–1431)
  • 52. Lupa caelestina. La louve célestine. Eugène IV (1431–1447)
  • 53. Amator crucis. L’amoureux de la croix. Félix V (1439–1449)
  • 54. De modicitate Lunae. De la modicité de la lune. Nicolas V (1447–1455)
  • 55. Bos pascens. Le bœuf paissant. Calixte III (1455–1458)
  • 56. De capra et Albergo. De la chèvre et de l’auberge. Pie II (1458–1464)
  • 57. De cervo et Leone. Du cerf et du lion. Paul II (1464–1471)
  • 58. Piscator Minorita. Le pêcheur mineur. Sixte IV (1471–1484)
  • 59. Praecursor Siciliae. Le précurseur de Sicile. Innocent VIII (1484–1492)
  • 60. Bos Albanus in porta. Le bœuf d’Albano dans le port. Alexandre VI (1492–1503)
  • 61. De parvo homine. Du petit homme. Pie III (1503–1503)
  • 62. Fructus Jovis juvabit. Le fruit de Jupiter plaira. Jules II (1503–1513)
  • 63. De craticula Politiana. Du gril de Politien. Léon X (1513–1521)
  • 64. Leo Florentius. Le lion de Florent. Adrien VI (1522–1523)
  • 65. Flos pilaei aegri. La fleur de la boule malade. Clément VII (1523–1534)
  • 66. Hiacynthus medicorum. La jacinthe des médecins. Paul III (1534–1549)
  • 67. De corona Montana. De la couronne du Mont. Jules III (1550–1555)
  • 68. Frumentum floccidum. Le froment prêt à tomber. Marcel II (1555–1555)
  • 69. De fide Petri. De la foi de Pierre. Paul IV (1555–1559)
  • 70. Aesculapii pharmacum. La drogue d’Esculape. Pie IV (1559–1565)
  • 71. Angelus nemorosus. L’ange des bois. Pie V (1566–1572)
  • 72. Medium corpus pilarum. La moitié du corps des boules (ou des colonnes). Grégoire XIII (1572–1585)
  • 73. Axis in medietate signi. L’axe au milieu du signe. Sixte V (1585–1590)
  • 74. De rore caeli. De la rosée du ciel. Urbain VII (1590–1590)
  • 75. De antiquitate Urbis. De l’ancienneté de la ville. Grégoire XIV (1590–1591)
  • 76. Pia civitas in bello. La cité pieuse en guerre. Innocent IX (1591–1591)
  • 77. Crux Romulea. La croix de Romulus. Clément VIII (1592–1605)
  • 78. Undosus vir. L’homme des ondes. Léon XI (1605–1605)
  • 79. Gens perversa. La race perverse. Paul V (1605–1621)
  • 80. In tribulatione pacis. Dans la tribulation de la paix. Grégoire XV (1621–1623)
  • 81. Lilium et rosa. Le lis et la rose. Urbain VIII (1623–1644)
  • 82. Jucunditas crucis. La joie de la croix. Innocent X (1644–1655)
  • 83. Montium custos. Le gardien des montagnes. Alexandre VII (1655–1667)
  • 84. Sidus olorum. L’astre des cygnes. Clément IX (1667–1669)
  • 85. De flumine magno. Du grand fleuve. Clément X (1669–1676)
  • 86. Bellua insatiabilis. La bête insatiable. Innocent XI (1676–1689)
  • 87. Poenitentia gloriosa. La glorieuse pénitence. Alexandre VIII (1689–1691)
  • 88. Rastrum in porta. Le râteau sur la porte. Innocent XII (1691–1700)
  • 89. Flores circumdati. Les fleurs tout autour. Clément XI (1700–1721)
  • 90. De bona Religione. De bonne religion. Innocent XIII (1721–1724)
  • 91. Miles in Bello. Le soldat à la guerre. Benoît XIII (1724–1730)
  • 92. Columna excelsa. La colonne élevée. Clément XII (1730–1740)
  • 93. Animal rurale. L’animal des champs. Benoît XIV (1740–1758)
  • 94. Rosa Umbriae. La rose de l’Ombrie. Clément XIII (1758–1769)
  • 95. Ursus velox. L’ours rapide. Clément XIV (1769–1774)
  • 96. Peregrinus Apostolicus. Le pèlerin apostolique. Pie VI (1775–1799)
  • 97. Aquila rapax. L’aigle rapace. Pie VII (1800–1823)
  • 98. Canis et coluber. Le chien et la couleuvre. Léon XII (1823–1829)
  • 99. Vir religiosus. L’homme religieux. Pie VIII (1829–1830)
  • 100. De balneis Etruriae. De Balmes en Etrurie. Grégoire XVI (1831–1846)
  • 101. Crux de cruce. La croix de la croix. Pie IX (1846–1878)
  • 102. Lumen in caelo. La lumière dans le ciel. Léon XIII (1878–1903)
  • 103.Ignis ardens. Le feu ardent. Pie X (1903–1914)
  • 104. Religio depopulata. La religion dépeuplée. Benoît XV (1914–1922)
  • 105. Fides intrepida. La foi intrépide. Pie XI (1922–1939)
  • 106. Pastor angelicus. Le pasteur angélique. Pie XII (1939–1958)
  • 107. Pastor et Nauta. Le pasteur et le nautonier. Jean XXIII (1958–1963)
  • 108. Flos florum. La fleur des fleurs. Paul VI (1963–1978)
  • 109. De mediate Lunae. De la moitié de la Lune. Jean-Paul Ier (1978–1978)
  • 110. De labore Solis. Du labeur du Soleil. Jean-Paul II (1978–2005)
  • 111. De Gloria Olivae. De la gloire de l’olivier (ou de l’olive) (1). Benoît XVI (2005—)
  • 112. In persecutione extremâ S.R.E. sedebit Petrus Rom. qui pascet oves in multis tribulationibus ; quibus transactis, civitas septicollis diruëtur, et Judex tremendus judicabit populum suum. FINIS.
    Pendant la dernière persécution de la SRE (Sancta Romana Ecclesia : Sainte Eglise Romaine) siégera Pierre Rom. (Pierre le Romain) qui paîtra les brebis parmi de nombreuses tribulations ; celles-ci terminées, la cité aux sept collines sera détruite ; et le Juge redoutable jugera son peuple. Fin.

La légende du Chien de Montargis et Jugement de Dieu au XIVe siècle

Retranscrite par le bénédictin Bernard de Montfaucon, extraite du “Théâtre d’honneur et de chevalerie”, de La Colombière, tom. II, pag. 500, chap. XXIII.

« Il y avoit un gentilhomme, que quelques uns qualifient avoir été archer des gardes du roi Charles V, et que je crois devoir plutôt qualifier gentilhomme ordinaire, ou courtisan, pour ce que l’histoire latine, dont j’ai tiré ceci, le nomme Aulicus ; c’étoit, suivant quelques historiens, le chevalier Macaire, lequel étant envieux de la faveur que le roi portoit à un de ses compagnons, nommé Aubry de Montdidier, l’épia si souvent qu’enfin il l’attrapa dans la forêt de Bondy, accompagné seulement de son chien (que quelques historiens, et nommément le sieur d’Audiguier, disent avoir été un lévrier d’attache), et trouvant l’occasion favorable pour contenter sa malheureuse envie, le tua, et puis l’enterra dans la forêt, et se sauva après le coup, et revint à la cour tenir bonne mine.

Le chien, de son côté, ne bougea jamais de dessus la fosse où son maître avoit été mis, jusqu’à ce que la rage de la faim le contraignit de venir à Paris où le roi étoit, demander du pain aux amis de son feu maître, et puis tout incontinent s’en retournoit au lieu où le misérable assassin l’avoit enterré ; et continuant assez souvent cette façon de faire, quelques uns de ceux qui le virent aller et venir tout seul, hurlant et plaignant, et semblant, par des abois extraordinaires, vouloir découvrir sa douleur, et déclarer le malheur de son maître, le suivirent dans la forêt, et observant exactement tout ce qu’il faisoit, virent qu’il s’arrêtoit sur un lieu où la terre avoit été fraîchement remuée ; ce qui les ayant obligés d’y faire fouiller, ils y trouvèrent le corps mort, lequel ils honorèrent d’une plus digne sépulture, sans pouvoir découvrir l’auteur d’un si exécrable meurtre.

Comme donc ce pauvre chien étoit demeuré à quelqu’un des parents du défunt, et qu’il le suivoit, il aperçut fortuitement le meurtrier de son premier maître, et l’ayant choisi au milieu de tous les autres gentilshommes on archers, l’attaqua avec une grande violence, lui sauta un collet, et fit tout ce qu’il put pour le mordre et pour l’étrangler. On le bat, on le chasse ; il revient toujours ; et comme on l’empêche d’approcher, il se tourmente et aboie de loin, adressant les menaces du côté qu’il sent que s’est sauvé l’assassin. Et comme il continuoit ses assauts toutes les fois qu’il rencontroit cet homme, on commença de soupçonner quelque chose du fait, d’autant que ce pauvre chien n’en vouloit qu’au meurtrier, et ne cessoit de lui vouloir courir sus pour en tirer vengeance.

Le roi étant averti par quelques uns des siens de l’obstination du chien, qui avoit été reconnu appartenir au gentilhomme qu’on avoit trouvé enterré et meurtri misérablement, voulut voir les mouvements de cette pauvre bête : l’ayant donc fait venir devant lui, il commanda que le gentilhomme soupçonné se cachât au milieu de tous les assistants qui étoient en grand nombre. Alors le chien, avec sa furie accoutumée, alla choisir son homme entre tous les autres ; et comme s’il se fût senti assisté de la présence du roi, il se jeta plus furieusement sur lui, et par un pitoyable aboi, il sembloit crier vengeance, et demander justice à ce sage prince.

Il l’obtint aussi ; car ce cas ayant paru merveilleux et étrange, joint avec quelques autres indices, le roi fit venir devant soi le gentilhomme, et l’interrogea et pressa assez publiquement pour apprendre la vérité de ce que le bruit commun, et les attaques et aboiements de ce chien (qui étoient comme autant d’accusations) lui mettoient sus ; mais la honte et la crainte de mourir par un supplice honteux, rendirent tellement obstiné et ferme le criminel dans la négative, qu’enfin le roi fut contraint d’ordonner que la plainte du chien et la négative du gentilhomme se termineroient par un combat singulier entre eux deux, par le moyen duquel Dieu permettrait que la vérité fût reconnue.

Ensuite de quoi, ils furent tous deux mis dans le camp, comme deux champions, en présence du roi et de toute la cour : le gentilhomme armé d’un gros et pesant bâton, et le chien avec ses armes naturelles, ayant seulement un tonneau percé pour sa retraite, pour faire ses relancements. Aussitôt que le chien fut lâché, il n’attendit pas que son ennemi vînt à lui ; il savoit que c’étoit au demandeur d’attaquer ; mais le bâton du gentilhomme étoit assez fort pour l’assommer d’un seul coup, ce qui l’obligea à courir çà et là à l’entour de lui, pour en éviter la pesante chute.

Mais enfin tournant tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, il prit si bien son temps, que finalement il se jeta d’un plein saut à la gorge de son ennemi, et s’y attacha si bien qu’il le renversa parmi le camp, et le contraignit à crier miséricorde, et supplier le roi qu’on lui ôtât cette bête, et qu’il diroit tout. Sur quoi les escortes du camp retirèrent le chien, et les juges s’étant approchés par le commandement du roi, il confessa devant tous qu’il avoit tué son compagnon, sans qu’il y eût personne qui l’eût pu voir que ce chien, duquel il se confessoit vaincu… »

L’histoire de ce chien, outre les honorables vestiges peintes de sa victoire qui paroissent encore à Montargis, a été recommandée à la postérité par plusieurs auteurs, et singulièrement par Julius Scaliger, en son livre contre Cardan. J’oubliois de dire que le combat fut fait dans l’île Notre-Dame. Ce duel, ajoute Monfaucon, se fit l’an 1371. Le meurtrier étoit réellement le chevalier Macaire, et la victime s’appeloit Aubry de Montdidier. Macaire fut envoyé au gibet, suivant des mémoires envoyés de Montargis. »

Vision infernale d’un chroniqueur du XIe siècle

Il y avait, raconte Ordéric Vital (Histoire des ducs de Normandie, livre VIII), dans un village que l’on appelle Bonneval, un prêtre nommé Gauchelin. L’an de l’incarnation 1092, au commencement de janvier, ce prêtre alla de nuit visiter un malade. Il revenait seul et se trouvait loin de toute habitation, lorsqu’il entendit un grand bruit comme d’une armée considérable.

Ayant voulu se retirer vers quatre néfliers qu’il avait perçus dans un champ, un homme d’une énorme stature, armé d’une grande massue, le devança dans sa course, et levant son arme sur sa tête lui dit : « Arrête -là ! n’avance pas davantage. » Aussitôt le prêtre s’arrêta glacé d’effroi, et, appuyé sur le bâton qu’il portait, resta dans l’immobilité. L’homme armé de la massue se tint auprès lui, et sans lui faire de mal attendit le passage de l’armée.

Voilà qu’une grande troupe de fantassins se mit à passer, emportant sur leur cou et leurs épaules des moutons, des habillements, des meubles et des ustensiles de toute espèce, comme ont coutume de faire les brigands. Cependant tous gémissaient et s’encourageaient à redoubler de vitesse. Le prêtre reconnut parmi eux plusieurs de ses voisins qui étaient morts récemment, et il les entendit se plaindre des supplices cruels dont, à cause de leurs crime, ils éprouvaient les tourments. Ensuite passant une troupe de porte-morts auxquels se réunit à l’instant le géant dont nous avons parlé. Ils étaient chargés d’environ cinquante cercueils, dont chacun était soutenu par deux porteurs.

Ensuite vint à passer une troupe de femmes dont la multitude parut innombrable au prêtre. Elles étaient montées à cheval sur des selles de femmes, dans lesquelles étaient enfoncés des clous enflammés. Le vent les soulevait fréquemment à la hauteur d’une coudée, et les faisait retomber aussitôt sur les clous ardents. Horriblement tourmentées par les piqûres et les brûlures, elles vociféraient des imprécations, et confessaient publiquement les péchés pour lesquels elles étaient punies.

Le prêtre reconnut dans cette troupe quelques dames nobles, et vit les chevaux et les mules avec les selles de plusieurs femmes qui vivaient encore. Peu après, il aperçut une troupe nombreuse de clercs et de moines, leurs juges et leurs supérieurs, des évêques et des abbés, portant leur crosse pastorale ; les clercs et les évêques étaient vêtus de chapes noires ; les moines et les abbés de capuchons de la même couleur. Tous gémissaient et se plaignaient ; quelques-uns imploraient Gauchelin par son nom, et le suppliaient, à cause de leur ancienne amitié, de prier pour eux. Ce prêtre rapporte qu’il avait vu là beaucoup de personnages d’une grande considération que l’opinion commune croyait placés dans le ciel au milieu des saints.

A cet épouvantable aspect, tout tremblant et appuyé sur son bâton, il s’attendait à des choses plus épouvantables encore. Il vit ensuite s’avancer une grande armée ; on n’y remarquait aucune couleur, si ce n’est le noir et un feu scintillant. Tous ceux qui la composaient étaient montés sur des chevaux gigantesques ; ils marchaient armés de toutes pièces, comme s’ils avaient volé au combat, et portaient des enseignes noires. Il vit parmi eux Richard et Baudouin, fils du comte Gislebert, qui étaient morts depuis peu, ainsi que beaucoup d’autres dont je ne puis déterminer le nombre.

Gauchelin, après avoir vu passer cette nombreuse troupe de chevaliers, se mit à réfléchir ainsi en lui-même : « Voilà sans doute les gens de Herlequin ; J’ai ouï dire que quelques personnes les avaient vus parfois ; mais, incrédule que j’étais, je me moquais de ces rapports, parce que je n’avais jamais eu d’indices certains de pareilles choses. Maintenant, je vois réellement les mânes des morts. Toutefois, personne ne me croira quand je raconterai ce que j’ai vu. Je vais donc me saisir d’un des chevaux libres qui suivent la troupe ; je vais le monter aussitôt, je le conduirai chez moi, et je le ferai voir à mes voisins pour leur inspirer de la confiance dans mon récit. »

Aussitôt il saisit la bride d’un cheval noir ; mais celui-ci se débarrassa vigoureusement de la main qui s’emparait de lui, et s’enfuit vers la troupe des noirs. Le prêtre se tint encore au milieu du chemin, et se présentant devant un cheval qui venait à lui, il étendit la main. L’animal s’arrêta pour attendre le prêtre, et soufflant par ses naseaux, il jeta en avant un nuage grand comme un chêne très élevé. Alors le prêtre mit le pied gauche à l’étrier, saisit les rênes, porta la main sur la selle ; mais aussitôt il sentit sous son pied une chaleur excessive comme un feu ardent, tandis que par la main qui tenait la bride un froid incroyable pénétra jusqu’à ses entrailles.

Tout à coup quatre horribles chevaliers survinrent, et jetant des cris terribles proférèrent ces paroles : « Pourquoi vous emparez-vous de nos chevaux ? Vous viendrez avec nous. Aucun d’entre nous ne vous a fait de mal, tandis que vous entreprenez de nous enlever ce qui nous appartient. » Le prêtre excessivement effrayé, lâcha le cheval. Trois chevaliers ayant voulu le saisir, un quatrième leur dit : « Lâchez-le, et laissez-moi m’entretenir avec lui. » Il voulut ensuite charger Gauchelin de divers messages pour sa femme et ses enfants, et sur le refus du prêtre il se précipita sur lui et le saisit à la gorge. Le malheureux ne fut délivré que par l’intercession d’un autre chevalier qui se fit reconnaître à lui pour son frère, et causant longuement avec lui, lui parla en termes touchante de leur enfance.

Pendant leur entretien, Gauchelin remarqua au talon du damné, vers son éperon, une espèce de grumeau de sang de la forme d’une tête humaine. Tout étonné, il lui en demanda la raison. « Ce n’est pas du sang, répartit le chevalier, c’est du feu et il me paraît d’un poids plus grand que si je portais sur moi le mont Saint-Michel. Comme je me servais d’éperons précieux et fort pointus pour arriver plus vite à répandre le sang, j’en porte avec raison un énorme poids à mes talons ». A ces mots, le chevalier s’enfuit précipitamment. Toute la semaine le prêtre resta gravement malade ; ensuite il vécut près de quinze années bien portant.

C’est de sa propre bouche, ajoute Ordéric Vital, que j’ai appris ce que je viens d’écrire, et beaucoup d’autres choses que j’ai mises en oubli. J’ai vu aussi sa figure meurtrie par l’attouchement de l’horrible chevalier.

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Les historiettes d’Etienne…

Nos grosses têtes ne résoudrons pas mieux ce problème….

Extrait d’une conversation entre Colbert et Mazarin sous LOUIS XIV :

Colbert: Pour trouver de l’argent, il arrive un moment où tripoter ne suffit plus.

J’aimerais que Monsieur le Surintendant m’explique comment on s’y prend pour dépenser encore quand on est déjà endetté jusqu’au cou…

Mazarin : Quand on est un simple mortel, bien sûr, et qu’on est couvert de dettes, on va en prison. Mais l’Etat… L’Etat, lui, c’est différent. On ne peut pas jeter l’Etat en prison. Alors, il continue, il creuse la dette ! Tous les Etats font ça.

Colbert : Ah oui ? Vous croyez ? Cependant, il nous faut de l’argent. Et comment en trouver quand on a déjà créé tous les impôts imaginables ?

Mazarin : On en crée d’autres.
Colbert : Nous ne pouvons pas taxer les pauvres plus qu’ils ne le sont déjà.

Mazarin : Oui, c’est impossible.

Colbert : Alors, les riches ?

Mazarin : Les riches, non plus. Ils ne dépenseraient plus.

Un riche qui dépense fait vivre des centaines de pauvres.

Colbert : Alors, comment fait-on ?

Mazarin : Colbert,tu raisonnes comme un fromage (comme un pot de chambre sous le derrière d’un malade) ! Il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres, ni riches….

Des Français qui travaillent, rêvant d’être riches et redoutant d’être pauvres ! C’est ceux-là que nous devons taxer, encore plus, toujours plus ! Ceux là ! Plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser…

C’est un réservoir inépuisable.

Extrait du “Diable Rouge” d’Antoine Rault.

Le Saviez-vous…

Le mot “hérésie” provient du grec αἵρεσις / haíresis, qui veut dire choix.

L’hérésie est donc le choix philosophique, dogmatique ou gnostique dans une même religion. La traduction latine en est secta, secte. L’Antiquité n’attache pas de valeur péjorative à ces termes.
Dans le contexte antique, la religion étant plus rituelle que dogmatique, l’haíresis n’a pas l’aspect dramatique que revêtira l’hérésie chrétienne.

Toutefois, ces dogmes ne revêtent pas la même importance dans toutes les religions, ce qui explique différentes attitudes par rapport à l’hérésie.
La valeur péjorative est née en milieu chrétien avec les premières controverses théologiques dont témoignent Justin de Naplouse et Irénée de Lyon qui ont écrit “contre les hérésies” au IIe siècle.

Sources Wikipédia.

“A Brûle pourpoint”

Cette expression a une origine militaire.
Lorsqu’on tirait un coup de feu sur quelqu’un de très près, à bout portant, on lui brûlait le pourpoint (vêtement masculin qui couvrait le torse, utilisé entre le XIIIe et le XVIIe siècle).

Cette métaphore utilise d’abord l’idée d’efficacité (pour tuer quelqu’un , plus on est près, plus on a de chances de réussir) puis de soudaineté, de surprise (pour pouvoir tirer à brûle-pourpoint sur quelqu’un, il faut le surprendre)

“Fier comme Artaban”

Cette expression est d’origine littéraire.
Artaban est ici un personnage important d’un énorme roman, une épopée historique (12 volumes, 4153 pages), intitulé Cléopâtre et écrit par Gautier de la Calprenède (Lien externe) au milieu du XVIIe siècle.
Du succès de ce roman à l’époque n’est resté que la fierté et l’arrogance de son personnage, la sonorité de son nom ayant probablement aidé à la conservation de l’expression.

“Fier comme un pou”

Un pou est-il orgueilleux ? Personne n’a dû chercher à le savoir ou à lui poser la question avant de tenter de s’en débarasser.
Par contre, on sait que le coq a une posture fière.
Or pou est une forme dialectale de l’ancien français pouil, poul, venu du latin pullus qui voulait dire coq ou poulet.

“L’habit ne fait pas le moine”

Proverbe dont on trouve les premières traces au XIIIe siècle et qui serait tiré du latin médiéval.

Selon certains, ce proverbe viendrait d’une déformation progressive de la traduction de l’expression latine de Plutarque ‘barba non facit philosophum’ qui signifiait ‘la barbe ne fait pas le philosophe’.

D’autres disent qu’il aurait pour origine un fait historique : en 1297, pour réussir à s’emparer par la ruse de la forteresse bâtie sur le rocher monégasque, François Grimaldi et ses compagnons d’armes se sont déguisés en moines franciscains, fait rappelé sur les armoiries de Monaco (Lien externe).

Enfin, peut-être faut-il simplement voir une certaine ironie dans cette expression.
En effet, lorsqu’elle est apparue, les moines de l’époque étaient bien loin de suivre leurs préceptes. N’hésitant pas à accumuler des biens, à ripailler, à courir la gueuse ou à trucider à tout-va dans les batailles, ils avaient un comportement très éloigné de celui que leur tenue aurait pu laisser supposer.
Ainsi, un brigand désireux de détrousser un moine en le supposant faible, pouvait tomber sur bien plus fort et rusé que lui.

“Mettre sur la sellette”

Avant la Révolution, on faisait s’asseoir le présumé coupable sur un petit tabouret très bas, ‘la sellette’.
Celle-ci pouvait être recouverte d’un tapis quand l’accusé était une personne de haut rang.
La petite taille du banc obligeait à une posture jugée d’autant plus humiliante qu’on y paraissait les fers aux pieds.

“Faux-jeton”

Aujourd’hui, pour faire des calculs, les opérations posées sur une feuille de papier nous semblent d’une totale évidence.
Mais avant que les chiffres arabes et le système décimal ne deviennent d’usage courant, les montants monétaires étaient calculés selon la méthode du “jet”, sur des planchettes où étaient tracées des colonnes (correspondantes aux deniers, sols, livres…) dans lesquelles on posait et accumulait des jetons pour faire des totaux.
Ces jetons ayant parfois l’apparence de vraies pièces, certains tentaient de s’en servir comme telles auprès des personnes simples, d’où l’expression “faux comme un jeton”.

Un Coffret Audio à offrir…

Une merveille, un trésor, une perle rare, le ”Royaume oublié” est un coffret audio contenant trois cd et un livret traduit en six langues. Une oeuvre rare produit de la collaboration de Jordi Savall, de Montserrat Figueras, d’Anne Brenon, de la Capella Reial de Catalunya, d’Hesperion XXI, de Pascal Bertin, Marc Mauillon, Lluis Vilamajo, Furio Zanasi.
Cette évocation sans équivalent de la tragédie cathare occitane, toute en finesse, mêle le propos des troubadours du temps, les chants d’Hildegarde de Bingen, chants spirituels et danses arabo-andalouses.
Date et lieu d’enregistrement : avril, juin, juillet et août 2009 à la Collégiale de Cardona (Catalogne), à la Chapelle Nôtre Dame de Bon.
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